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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.— Étymol. — D'apr. Nyrop et Brüch, R. Ling. rom., t. 2, 1926; Meyer-L., pp. 125-126, le suff. -aud/-aut, a.fr. -alt remonte au suff. frq. -wald, tiré de walden « gouverner » qui servait à former certains noms propres tels que Answald, Grimwald. Ce suff., en fr., a d'abord formé des noms propres tirés de rad. d'orig. germ., Renaud (ca 1160, B. De Ste Maure, Ducs Normandie, éd. C., Fahlin, 31 160 : Reinaut), puis d'orig. lat. type Bonnaud, Bellaud et ensuite est passé à la formation de noms communs.
II.— Hist. — Le suff. -alt, -aud/-aut, est peu attesté au Moy. Âge. xiie s. : ribaud, guaraut (Thèbes, 5845, « rustre »); xiiie s. : briffaud ; xve s. : courtaud, lourdaud. -aud/-aut semble productif au xvie s. où l'on trouve : noiraud 1538, rustaud 1530, salaud 1584, penaud 1544, pelaud « lièvre » (La Pléiade), coupaud .« mari trompé par sa femme », pitaut « homme rustre » 1572, couillaud 1552 (Rabelais, II, 1 ds Hug.), quinaud, -aude 1532, belaud terme d'amitié (Baif, Le Brave, v. 4 ds Hug.), bedaud « id. » (Rabelais, II, 15, ibid.), barraud, harpaud qualificatifs de chien (M. de La Porte, Epithète, 81, ibid.); xviie s. rougeaud ; xviiie s. finaud, baillaud, goussaut ; xixe s. soulaud. En fr. contemp. les créations sont rares; la docum. atteste connaud (Malraux, L'Espoir, 1937, p. 604) et foutraud (Malègue, Augustin, 1933, p. 230), miraud (Combat, 21 oct. 1963, p. 1, col. 6). Cependant, Jaub. atteste un grand nombre de dér. en -aud, ainsi : baillaud « nigaud », bégaud « id. », bougaud « bègue », bouillaud « boudeur », buraud, -aude « grisâtre », busaud « sot », câgnaud, -aude « confus », calaud, -aude « câlin ». Rem.
1. Le suff. -aud, spécifique de l'animé, est moins vivant que -âtre : rougeaud/rougeâtre, noiraud/noirâtre.
2. Dans plusieurs dial. on constate une concurrence -aud/-ard : Nohant, b. Berry, Sologne, cagnaud, fr. cagnard (FEW t. 21, p. 186b); Centre, Berry busaud, norm. buzard (FEW t. 1, p. 655b); bêtaud/bêtard (FEW t. 1, pp. 341b-342a); bégaud, norm. begard (FEW t. 1, p. 314b).
— -aud s'est substitué à un autre suff. ou finale. . À -ot : levraut (a.fr. levrot); crapaud (a.fr. crapout, crapot); saligaud (saligot); pequenaud (pequenot); boulaud, -aude, dial. du Centre ds Jaub. t. 1 1855 (boulot); fieraud, ibid. (fierot). . À -eau : corniaud « chien mâtiné, imbécile » (corneau); salopiaud (< dial. parisien salopiau, FEW t. 17, p. 14a ); taraud (altération de *tareau pour tarel). . À -al : quartaut (< quartal, forme dial. de l'Est). . Arrangement orth. d'une termin. étrangère : boucaut (< prov. boucau); badaud (< prov. badau); artichaut [< ital. articioc(co)]; cabillaud (< neerl. kabeljau); échaffaud (< lat. pop. *catafalicum); panicaut (< prov. panicau). Rem. Gerfaut (1180 gerfalc) est composé de l'a.fr. gir et de fauc « faucon ». Nigaud est un dimin. de Nicodème.