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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Étymol. — -asser (a.fr. -acer) a prob. été formé sur le suff. augm. péj. -ace/-asse. Les dér. en -asser se développent à partir de la fin du xve s. et au xvie s. : rêvasser (1490), traînasser (1493), tracasser (1580), bavasser (1584). Les dér. en -asser se sont formés postérieurement ou simultanément aux dér. péj. en -ace, -asse. Subst. : harrache (courre à la harrache xiiie s.; var. harace au xive s.; dér. harasser 1527); grimace (grimache fin xive s., sur a. fr. grimuche); lavasse (1447, sur laver); milliasse (1479, par commutation avec -on dans million); paperasse (1568, paperas 1553); populace (1572, paperas 1555, de l'ital. populaccio); chiasse (fin xvie s., sur chier), etc. Adj. : homasse (xive s.); bonasse (fin xve s. et var. bonace, ital. bonaccio); bravache (1510, ital. bravaccio); mollasse (mollace 1559, sur mol ou ital. molaccio).
B.— Productivité et vitalité. — La liste des dér. en -asser est très limitée; le suff. ne semble pas productif. Dans la liste des verbes dimin. et péj. dressée par Hasselrot (Ét. sur la vitalité de la formation dimin. au XXe s. Uppsala, 1972, p. 67), on ne voit aucun verbe en -asser ; cependant, A. Doppagne ds Le Néol. chez Queneau, Cahiers de l'AIEF, n° 25, Paris, Les Belles Lettres, 1973, p. 97 relève dans Le Chiendent, p. 121, le hapax de discours formulasser. B. Hasselrot (Ét. sur la formation dimin. dans les lang. romanes, Uppsala, 1957, p. 97), écrit : « en étudiant la formation fréquentative, en général on se rend vite compte que c'est l'ouest de la France, qui l'emporte pour ce qui est de la variété des moyens mis en œuvre »; des sondages ds le FEW confirment tout à fait ce point de vue pour -asser :
1. Verbes corresp. à A : bégasser « bégayer » (FEW t. 1, p. 314b); beuvasser « boire continuellement » (Ibid., p. 349b); bourrasser « bourrer, malmener » (Ibid., p. 642a); cacasser « caqueter » (Ibid. t. 2, 1, p. 47a); coupelasser « couper maladroitement; couper par petits morceaux » (Ibid. t. 2, 2, p. 871b); cracasser « craquer, se casser avec un bruit sec; gronder en criant, caqueter, agacer » (Ibid., pp. 1270a); effilasser « effilocher » (Ibid. t. 3, p. 527a); fertasser « faire du bruit en cognant, remuer, en faisant du bruit » (même racine que frotter, frétiller), feurtasser (Ibid., t. 3, p. 785b) frétasser (Jaubert) « frétiller »; fouinasser « fouiner, chercher partout, fureter » (Ibid. t. 3, p. 370 a); graguenasser « se dit du mouvement des dents quand on mange quelque chose de dur » (sur craquer, Ibid. t. 2, 2, p. 1269 a); grelasser « se dit du bruit qui se fait dans la poitrine quand on a une bronchite », gueurlasser « être atteint d'une toux légère et fréquente » (Ibid., t. 16, p. 60 a); grignasser, attesté par grignasseries « paroles, gestes maussades » (Ibid., t. 16, p. 68 a); petasser, pétasser « faire manuellement quelque chose de malpropre; toucher à tout; radoter; mourir » (sur péter, Ibid. t. 8, p. 138a); rabasser « répéter souvent et inutilement les mêmes choses » (m.fr. et dial.; même rad. que rabâcher, Ibid., t. 10, 3b); rancasser « râler » (Ibid., t. 10, p. 467b); rouinasser (Ibid., p. 463a); tirasser, m.fr., nouv. fr. « tirailler » (Ibid., t. 6, 1, p. 402a); tournasser « tourner, remuer » (Ibid., VIII, 2, p. 63a).
2. Verbes corresp. à B : berrouasser, brouasser, brougnasser (FEW t. 15, 1, p. 298b); breugnasser, brugnasser (Ibid. t. 9, p. 491a).