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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Étymologie — -aison remonte au lat. -ātĭōnem par l'intermédiaire de formes en -eison, -oison que l'on rencontre dans l'anc. lang. : oreison, veneison, coltivoison, livroison, mangeoison, etc.
— -ison remonte au lat. -ĭtĭōnem : trahison < tradĭtĭōnem.
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité. — L'analyse se fait en gén. très facilement, qq. ex. seulement ne sont pas analysables en fr. mod., en raison de l'absence en fr. ou de la disparition du verbe corresp. : cargaison, de l'esp. cargar « charger » fenaison, de fener, anc. forme de faner véraison, du prov. vairar « commencer à prendre des couleurs, à mûrir » (mais véraison peut aussi être directement emprunté au prov. vairason) Dans qq. mots héréditaires, le suff. reste reconnaissable en raison de l'existence du rad. dans des mots de la même série morphol. : oraison lat. oratĭōnem (cf. cependant oratoire, adorer, ...) venaison, du lat. venatĭōnem « chasse, gibier », de venari « chasser » (cf. cependant veneur, vénerie)
2. Productivité. — -aison a formé de nombreux subst. d'action en a. fr. : abitoison, acordoison, arestaison, avalaison, caugueson, donoison, forcenaison, formaison, garantison, mostraison, vendangeaison... Dès le xvie s., il cesse de former de nouv. dér., et il est de plus en plus remplacé par le suff. sav. -ation : alteraison/altération, dérivaison/dérivation, formaison/formation, inclinaison (encore utilisé au sens concr. et en géom. ou en astron.)/inclination ... Il a été parfois éliminé par -ance : délivraison/délivrance. Le nombre des dér. en -aison qui subsistent en fr. mod. est relativement peu élevé, et le plus souvent ils sont utilisés dans la lang. techn. (agric., gramm.). Crevaison et épiaison ont été récemment enregistrés ds Pt Lar. 1963 (cf. Dub. Dér. 1962, p. 31), mais ce sont des cas de réutilisation de mots anc. dans des lex. très spécialisés (dans le cas de crevaison [de pneus de bicyclette ou d'automobile] où il s'agit d'une techn. très pop., on peut cependant se demander si on n'est pas en présence d'une formation nouvelle à partir du verbe crever très empl. dans la lang. techn.).
C.— Signification
1. Déjà en lat., le suff. s'employait dans la lang. de l'agric., pour indiquer le temps de la maturité ou de la récolte : ficatio « saison de la maturité des figues », olivatio « saison de la récolte des olives »
2. Noter en a. fr. : jeünaison « temps du jeûne », moustaison « époque de la vendange » (littéralement de la formation du moût) »