A.— Étymol. — Issu du lat. -aculare ou créé secondairement sur le suff. nom. -aille*. Le grand nombre des dér. en -aille et de leurs correspondants verbaux (bataille/batailler ; cisaille/cisailler) a permis la création de dér. en -ailler à partir d'un verbe (crier/criailler) ou à partir d'un subst. (fouet/fouailler).
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) Dans tous les cas, l'analyse des dér. se fait aisément que la base soit un verbe ou un subst. : discuter/discutailler, dormir/ dormailler, tousser/toussailler...; fouet/fouailler... ou qu'elle soit sentie grâce à la commutation possible du suff. avec une autre finale : piauler/piailler
b) Finales homophones : brailler « crier », du lat. pop. *bragŭlare, dimin. de bragĕre « braire » (Dauzat 1964) carcailler, courcailler onomat. « crier en parlant de la caille » (ibid.) chamailler « frapper, batailler, se battre »; auj. sens plus faible; renforcement probable de l'a. fr. mailler, de mail, avec un préf. cha-, var. de ca- (ibid.) débrailler (de dé- et a. fr. braiel, brail ; de braie) « fam., se découvrir la poitrine d'une manière indécente en ouvrant ses vêtements » dérailler, composé du préf. dé- et de rail égailler « disperser, s'étendre; répartir »; mot de l'Ouest, vulgarisé par les Chouans de Balzac, sens venu du Midi; du lat. pop. *æquāliare, de æqualis « égal », peut-être croisé avec aiguail « rosée » (ibid.) érailler (xiie) « rouler les yeux »; (1560) « retourner le blanc de l'œil »; (xviie) « détériorer en écartant »; de l'a. fr. roeillier « rouler des yeux », issu du lat. pop. *roticŭlāre, de rota « roue » (ibid.) grailler1, de graille « corneille », du lat. grăcŭla « crier en parlant de la poule » (ibid.) grailler2, « sonner du cor », de l'a. fr. graile « trompette » (avec l mouillé par influence de graille); même mot que grêle, adj., c.-à-d. « clairon au son grêle »; peut-être repris au prov. graile, qui avait les 2 sens de « grêle » et de « trompette » (ibid.) railler, de l'a. fr. ralhar « bavarder, plaisanter », du lat. pop. *ragulare « bramer », b. lat. ragere, d'où est issu l'a. fr. raire (ibid.) rouscailler (de rousser « gronder » et cailler « bavarder ») « parler; réclamer, protester »
2. Productivité. — Sert encore à former des dér. exprimant la répét. rapide d'une action, toujours avec une nuance péj. : 1792 tournailler (Dauzat 1964) 1842 courailler (Pt Rob.) 1875 rôdailler (Dauzat 1964; 1862 pour Pt Rob.) 1877 toussailler (Dauzat 1964) xxe traînailler (Dauzat 1964; 1877 pour Pt Rob.) xxe criticailler (Pt Rob.) 1949 discutailler (ibid.) xxe pinailler (Dauzat 1964; 1959 pour Pt Rob.) À cette liste, il convient d'ajouter les mots nouv. cités par Darm. 1877 (cf. supra A).
C.— Styl. — Nombre de verbes (cf. notamment supra A intrigailler) sont des créations d'auteur n'appartenant guère, en tant que tels, à la lang.; mais le procédé restant vivant, ils peuvent toujours renaître dans l'instant du discours.
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) Dans tous les cas, l'analyse des dér. se fait aisément que la base soit un verbe ou un subst. : discuter/discutailler, dormir/ dormailler, tousser/toussailler...; fouet/fouailler... ou qu'elle soit sentie grâce à la commutation possible du suff. avec une autre finale : piauler/piailler
b) Finales homophones : brailler « crier », du lat. pop. *bragŭlare, dimin. de bragĕre « braire » (Dauzat 1964) carcailler, courcailler onomat. « crier en parlant de la caille » (ibid.) chamailler « frapper, batailler, se battre »; auj. sens plus faible; renforcement probable de l'a. fr. mailler, de mail, avec un préf. cha-, var. de ca- (ibid.) débrailler (de dé- et a. fr. braiel, brail ; de braie) « fam., se découvrir la poitrine d'une manière indécente en ouvrant ses vêtements » dérailler, composé du préf. dé- et de rail égailler « disperser, s'étendre; répartir »; mot de l'Ouest, vulgarisé par les Chouans de Balzac, sens venu du Midi; du lat. pop. *æquāliare, de æqualis « égal », peut-être croisé avec aiguail « rosée » (ibid.) érailler (xiie) « rouler les yeux »; (1560) « retourner le blanc de l'œil »; (xviie) « détériorer en écartant »; de l'a. fr. roeillier « rouler des yeux », issu du lat. pop. *roticŭlāre, de rota « roue » (ibid.) grailler1, de graille « corneille », du lat. grăcŭla « crier en parlant de la poule » (ibid.) grailler2, « sonner du cor », de l'a. fr. graile « trompette » (avec l mouillé par influence de graille); même mot que grêle, adj., c.-à-d. « clairon au son grêle »; peut-être repris au prov. graile, qui avait les 2 sens de « grêle » et de « trompette » (ibid.) railler, de l'a. fr. ralhar « bavarder, plaisanter », du lat. pop. *ragulare « bramer », b. lat. ragere, d'où est issu l'a. fr. raire (ibid.) rouscailler (de rousser « gronder » et cailler « bavarder ») « parler; réclamer, protester »
2. Productivité. — Sert encore à former des dér. exprimant la répét. rapide d'une action, toujours avec une nuance péj. : 1792 tournailler (Dauzat 1964) 1842 courailler (Pt Rob.) 1875 rôdailler (Dauzat 1964; 1862 pour Pt Rob.) 1877 toussailler (Dauzat 1964) xxe traînailler (Dauzat 1964; 1877 pour Pt Rob.) xxe criticailler (Pt Rob.) 1949 discutailler (ibid.) xxe pinailler (Dauzat 1964; 1959 pour Pt Rob.) À cette liste, il convient d'ajouter les mots nouv. cités par Darm. 1877 (cf. supra A).
C.— Styl. — Nombre de verbes (cf. notamment supra A intrigailler) sont des créations d'auteur n'appartenant guère, en tant que tels, à la lang.; mais le procédé restant vivant, ils peuvent toujours renaître dans l'instant du discours.