A.— Étymol. — Termin. lat. -ālĭa, forme neutre plur. de -ālis ou suff. ital. -aglia.
— En lat., -ālĭa a déjà un sens coll. : battŭālĭa ou battālĭa « escrime » (Gaff.), gĕnĭtālĭa « parties sexuelles » (ibid., s.v. gĕnĭtālis), seminālĭa « terres ensemencées, moissons » (ibid., s.v. sēmĭnālis), victuālĭa « vivres, victuailles, aliments » (ibid., s.v. victŭālis). En partic., dès le lat., le suff. -alia sert à former des coll. désignant des cérémonies de caractère familial ou relig. : ĭnĭtĭālĭa « initiation aux mystères [de Cérès] » (ibid.), sponsālĭa « fiançailles, fête de fiançailles, repas de noces, cadeaux de noces » (ibid., s.v. sponsālis). Cet emploi s'est continué en lat. médiév. : funeralia (début xive s.).
— Dans certains dér., -aille provient de l'ital. -aglia. C'est le cas pour anticaglia > antiquaille ; canaglia > canaille. Rem. Quant à représailles, il reproduit soit le lat. médiév. represalia, soit l'ital. médiév. ripresaglia (ital. mod. rappresaglia) (Dauzat 1964).
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) Le sens de la base restant le plus souvent inchangé, l'analyse des dér. se fait aisément, que la base soit un subst., un verbe ou un adj. : mur/muraille, prêtre/prêtraille...; sonner/sonnaille...; gris/grisaille... ou qu'elle soit sentie grâce à la commutation possible du suff. avec un autre suff. : funéraire/funérailles. Rem. Qq. dér. dont la base appartient au vocab. de l'a. fr. comme couaille, sont plus difficilement analysés ou ne le sont que par l'intermédiaire de dér. dont le sens est très éloigné du sens de la base (couard).
b) Substitution de suff. — Dans certains dér., le suff. -aille s'est substitué au suff. -eille. C'est notamment le cas de : mangeaille pour mangeille, ouaille pour oeille, trésaille pour tréseille, volaille pour voleille... Rem.
1. Nyrop t. 3 1936, § 158 note : « Par substitution de suffixe, on trouve -aille pour -eille ou -ille » et cite « volaille < v. fr. voleïlle, volille (de volatilia) »
2. Dans le dér. godaille ou goudaille, tiré de godale « mauvaise bière », le suff. -aille s'est substitué à la termin. -ale (Bl. W.4 ).
c) Finales homophones : écaille, mot normanno-pic. issu du frq. *skal(j)a « tuile » (Dauzat 1964) passacaille, de l'esp. pasacalle, de pasa, imp. de pasar « passer », et calle « rue » (ibid.) touaille, du frq. *thwahlja « serviette » (ibid.)
2. Productivité. — Le suff. -aille très productif autrefois a de nos jours un rôle beaucoup plus modeste. C'est à partir du xiiie s. que le suff. -aille, seulement coll. à l'orig., a acquis une valeur dépréc. : « -aille prend peu à peu une valeur péjorative qui en vient à dominer dans la plupart des créations nouvelles et à changer la signification des anciens mots » (Nyrop t. 3 1936, § 159). Les créations nouv. sont rares et ont, pour la plupart, une valeur péj. : 1788 cochonnaille (Dauzat 1964) 1789 courtaille (ibid.) 1791 bisaille (ibid.) 1793 brumaille (Baldinger 1950) 1798 retrouvaille (Pt Rob.) 1821 boustifaille (Dauzat 1964) 1880 mouscaille (Pt Rob.) 1900 bleusaille (ibid.) Darm. 1877, p. 85 note encore : « Le suffixe aille qui, dans la langue populaire, a conservé sa pleine et entière signification péjorative, a donné de nos jours quelques dérivés nouveaux que ne revendiquera jamais la langue noble : radicaille, cléricaille. Le Dictionnaire d'argot de M. Fr. Michel donne la duraille comme synonyme de la dure, « la terre ». De crêpe on a tiré, de nos jours, croyons-nous, crépaudaille, qui est fait sur le modèle de crapaudaille. » Il s'agit ordinairement de néol. d'auteurs, qui ne pénètrent pas dans la lang., mais sont l'indice d'une certaine productivité au moins latente.
— En lat., -ālĭa a déjà un sens coll. : battŭālĭa ou battālĭa « escrime » (Gaff.), gĕnĭtālĭa « parties sexuelles » (ibid., s.v. gĕnĭtālis), seminālĭa « terres ensemencées, moissons » (ibid., s.v. sēmĭnālis), victuālĭa « vivres, victuailles, aliments » (ibid., s.v. victŭālis). En partic., dès le lat., le suff. -alia sert à former des coll. désignant des cérémonies de caractère familial ou relig. : ĭnĭtĭālĭa « initiation aux mystères [de Cérès] » (ibid.), sponsālĭa « fiançailles, fête de fiançailles, repas de noces, cadeaux de noces » (ibid., s.v. sponsālis). Cet emploi s'est continué en lat. médiév. : funeralia (début xive s.).
— Dans certains dér., -aille provient de l'ital. -aglia. C'est le cas pour anticaglia > antiquaille ; canaglia > canaille. Rem. Quant à représailles, il reproduit soit le lat. médiév. represalia, soit l'ital. médiév. ripresaglia (ital. mod. rappresaglia) (Dauzat 1964).
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) Le sens de la base restant le plus souvent inchangé, l'analyse des dér. se fait aisément, que la base soit un subst., un verbe ou un adj. : mur/muraille, prêtre/prêtraille...; sonner/sonnaille...; gris/grisaille... ou qu'elle soit sentie grâce à la commutation possible du suff. avec un autre suff. : funéraire/funérailles. Rem. Qq. dér. dont la base appartient au vocab. de l'a. fr. comme couaille, sont plus difficilement analysés ou ne le sont que par l'intermédiaire de dér. dont le sens est très éloigné du sens de la base (couard).
b) Substitution de suff. — Dans certains dér., le suff. -aille s'est substitué au suff. -eille. C'est notamment le cas de : mangeaille pour mangeille, ouaille pour oeille, trésaille pour tréseille, volaille pour voleille... Rem.
1. Nyrop t. 3 1936, § 158 note : « Par substitution de suffixe, on trouve -aille pour -eille ou -ille » et cite « volaille < v. fr. voleïlle, volille (de volatilia) »
2. Dans le dér. godaille ou goudaille, tiré de godale « mauvaise bière », le suff. -aille s'est substitué à la termin. -ale (Bl. W.4 ).
c) Finales homophones : écaille, mot normanno-pic. issu du frq. *skal(j)a « tuile » (Dauzat 1964) passacaille, de l'esp. pasacalle, de pasa, imp. de pasar « passer », et calle « rue » (ibid.) touaille, du frq. *thwahlja « serviette » (ibid.)
2. Productivité. — Le suff. -aille très productif autrefois a de nos jours un rôle beaucoup plus modeste. C'est à partir du xiiie s. que le suff. -aille, seulement coll. à l'orig., a acquis une valeur dépréc. : « -aille prend peu à peu une valeur péjorative qui en vient à dominer dans la plupart des créations nouvelles et à changer la signification des anciens mots » (Nyrop t. 3 1936, § 159). Les créations nouv. sont rares et ont, pour la plupart, une valeur péj. : 1788 cochonnaille (Dauzat 1964) 1789 courtaille (ibid.) 1791 bisaille (ibid.) 1793 brumaille (Baldinger 1950) 1798 retrouvaille (Pt Rob.) 1821 boustifaille (Dauzat 1964) 1880 mouscaille (Pt Rob.) 1900 bleusaille (ibid.) Darm. 1877, p. 85 note encore : « Le suffixe aille qui, dans la langue populaire, a conservé sa pleine et entière signification péjorative, a donné de nos jours quelques dérivés nouveaux que ne revendiquera jamais la langue noble : radicaille, cléricaille. Le Dictionnaire d'argot de M. Fr. Michel donne la duraille comme synonyme de la dure, « la terre ». De crêpe on a tiré, de nos jours, croyons-nous, crépaudaille, qui est fait sur le modèle de crapaudaille. » Il s'agit ordinairement de néol. d'auteurs, qui ne pénètrent pas dans la lang., mais sont l'indice d'une certaine productivité au moins latente.