A.— Étymol. — Du lat. -ācŭlum, très productif dans la formation de dér. désignant princ. des outils. En lat. : gŭbernācŭlum « gouvernail (d'un navire), timon » (Gaff.) dīvīnācŭlum « instrument de divination » (ibid.) spīrācŭlum « soupirail, ouverture » (ibid.) umbrācŭlum « parasol, ombrelle » (ibid.) Toutefois, il contribue également à former des dér. de sens très divers. C'est le cas notamment pour : cēnācŭlum « 1. salle à manger. 2. étage supérieur [où se trouvait la salle à manger], chambres placées à cet étage » (Gaff.) mirācŭlum « prodige, merveille, chose extraordinaire » (ibid.) prōpugnācŭlum « 1. ouvrage de défense, retranchement, rempart, fortification. 2. [en gén.] tout moyen de défense » (ibid.)
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) En gén., l'analyse des dér. se fait encore aisément en fr. mod., exception faite de qq. mots de sens très techn. : badail, mézail, tampail...
b) Substitution de suff. — Dans certains dér., le suff. -ail s'est substitué au suff. -al : frontail pour frontal « partie de la têtière du cheval qui passe sur le front » poitrail pour a. fr. peitral « partie du harnais couvrant la poitrine du cheval » portail pour portal vitrail pour vitral
c) Finales homophones : camail, du prov. capmalh (lat. caput « tête » et macula « maille ») (Dauzat 1964) caravansérail, de l'a. fr. sérail ; du turc karwan-serai, empr. au persan qayrawān « caravane » et sarāy « habitation » (ibid.) chandail, abrév. pop. de marchand d'ail, « nom donné au tricot porté par les vendeurs de légumes aux Halles, puis adopté par le fabricant Gamart, d'Amiens » (ibid.) corail, du lat. corallium, empr. au gr. korallion (ibid.) émail, du frq. *smalt (all. Schmelz, de schmelzen « fondre ») (ibid.) sérail, de l'ital. serraglio (avec r double, par attraction de serrare « fermer », serraglio « clôture »), du turco-persan serâï « palais » (ibid.) trenail, de l'angl. treenail « cheville de bois », de tree « arbre » et nail « clou » (ibid.) Cf. supra tramail ou trémail et travail.
2. Productivité. — Le suff. -ail productif autrefois ne l'est plus auj. La création la plus récente foirail remonte à 1874, encore ce mot existait-il déjà dans les patois du Centre et du Sud (ibid.).
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
a) En gén., l'analyse des dér. se fait encore aisément en fr. mod., exception faite de qq. mots de sens très techn. : badail, mézail, tampail...
b) Substitution de suff. — Dans certains dér., le suff. -ail s'est substitué au suff. -al : frontail pour frontal « partie de la têtière du cheval qui passe sur le front » poitrail pour a. fr. peitral « partie du harnais couvrant la poitrine du cheval » portail pour portal vitrail pour vitral
c) Finales homophones : camail, du prov. capmalh (lat. caput « tête » et macula « maille ») (Dauzat 1964) caravansérail, de l'a. fr. sérail ; du turc karwan-serai, empr. au persan qayrawān « caravane » et sarāy « habitation » (ibid.) chandail, abrév. pop. de marchand d'ail, « nom donné au tricot porté par les vendeurs de légumes aux Halles, puis adopté par le fabricant Gamart, d'Amiens » (ibid.) corail, du lat. corallium, empr. au gr. korallion (ibid.) émail, du frq. *smalt (all. Schmelz, de schmelzen « fondre ») (ibid.) sérail, de l'ital. serraglio (avec r double, par attraction de serrare « fermer », serraglio « clôture »), du turco-persan serâï « palais » (ibid.) trenail, de l'angl. treenail « cheville de bois », de tree « arbre » et nail « clou » (ibid.) Cf. supra tramail ou trémail et travail.
2. Productivité. — Le suff. -ail productif autrefois ne l'est plus auj. La création la plus récente foirail remonte à 1874, encore ce mot existait-il déjà dans les patois du Centre et du Sud (ibid.).