-agne reproduit le lat. -anea, plur. neutre (ou fém. sing.) de -aneus pris substantivement. Rem. Pour Nyrop t. 3 1936, § 151, « ce suffixe aujourd'hui mort, n'était guère productif dans la vieille langue; comme formation nouvelle on ne saurait citer que ovragne « ouvrage ». » De même pour Meyer-L. t. 2 1966, § 9 (qui cite entre autres dér. demoragne a. fr. « retard, délai » du verbe demorer), -agne n'a jamais été à proprement parler un suff. fr. Noter aussi : pédagne, subst. masc. « nom qu'on donnait au marchepied où le forçat, qui ramait dans une galère, posait celui de ses pieds qui était enchaîné » < lat. pedaneus « long d'un pied » de pes « pied » (Littré) entragne/entraigne, a. fr. qui a disparu de bonne heure, est tiré du lat. class. interānea proprement « ce qui est à l'intérieur » (entrailles vient de intrālia, lat. de basse époque issu par substitution de suff. de interānea) (Bl.-W.4 ) Finales homophones : cocagne (vers 1200) (écrit quoquaigne), fréq. au Moy.-Âge comme nom propre « pays de Cocagne ». On rapproche l'ital. cuccagna, de même sens, et le m. néerl. kokenje, proprement « petit gâteau de sucre et de sirop donné aux enfants à l'occasion des foires annuelles »; mais l'hist. du mot reste obscure (cf. Bl.-W.4 ) compagne (xiie) dér. de compain lasagne, nom fém. inv. (1762) « pâtes italiennes en forme de larges rubans » < ital. lasagna.