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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1.
a) Ca 1200 escailhes de dragon (Dialogues Grégoire, 251, 15 ds T.-L.); ca 1256 poissons a escailles (A. de Sienne, Régime du corps, 77, 23, ibid.);
b) 1762 bot. « lame en forme d'écaille de poisson enveloppant certains organes de végétaux » (Ac., s.v. écaillé);
2.
a) 1230 « armure » (Gaydon, 183 ds T.-L.) — 1606, Nicot ;
b) 1606 « chacune des lamelles de métal recouvrant certaines armures » (ibid.);
3. ca 1270 « lamelle de peau se détachant dans certaines maladies cutanées » (Huon de Cambrai, St Quentin, éd. A. Långfors et W. Söderhjelm, 1271), attest. isolée; de nouveau 1530 (Lefèvre d'Etaples, Bible, Job ds Gdf. Compl.);
4. 1611 « parcelle qui se détache d'une surface qui s'exfolie » (Cotgr.);
5. 1676 « motif décoratif en forme d'écaille de poisson » (Félibien, p. 39);
6. 1716 « poussière qui recouvre les ailes des papillons » (Réaumur ds Brunot t. 6, 1, p. 575, note 2).
B.
1.
a) 1416 « matière qu'on tire de la carapace des tortues » (Inv. du duc de Berry ds Gay), attest. isolée; de nouveau 1615 (Inventaire du château de Turenne ds Havard);
b) 1539 « carapace de tortue » (Est.);
2. 1474 « valve de coquillage » (Inventaire de la Comtesse de Montpensier, éd. A.-M. de Boislisle, p. 14). De l'a. b. frq. *skalja, dont le type est répandu dans tous les parlers germ. : got. skalja (Feist), ags. sciel « écaille » (ODEE, s.v. shell), angl. shell « coquillage », m. néerl. schelle « écaille »; coquillage; carapace (de tortue) (Verdam), néerl. schil, m. b. all. schelle « écale; coquille, coquillage; écaille » (Lasch-Borchl.). En a. fr., la distinction des représentants de *skalja et de *skala (v. écale) est difficile à établir, en raison notamment de l'ambiguïté des graphies -ail- et -all-.