ÉTRÉCIR
verbe transitif• Emploi pronom. à sens passif. La dent s'étrécit d'avant en arrière dans la même proportion qu'elle se raccourcit dans le sens vertical (, Anat. comp., t. 3, 1805, p. 122). La vallée où elle [la Fontaine d'Eure] coule, à demi cachée par des aulnes, en approchant d'Uzès, s'étrécit (, Si le grain, 1924, p. 381).
— MAN. Étrécir un cheval. « Le ramener graduellement sur un terrain moins étendu que celui qu'il parcourait » (Ac.).
— Au fig.[Le compl. d'obj. désigne une chose abstr.] Amoindrir, diminuer. L'idée de tuer, ce but à atteindre dans la chasse, étrécit mon plaisir (, Voy. Congo, 1927, p. 847). Le monde libre a intérêt à ne pas étrécir son horizon économique spatial et temporel plus que ne le fait le monde totalitaire (, Écon. XX e s., 1964, p. 539).
Remarque : On rencontre ds la docum. a) Étréci, ie, part. passé adjectivé. Qui est rendu plus étroit. Le lendemain, il nous fallut réembarquer nos appareils et entreprendre dans les Vosges une course chaque jour écourtée, dans le cercle chaque jour étréci que nous laissait l'adversaire (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 24). b) Étrécissant, ante, part. prés. en emploi adj. Qui rend plus étroit. Des fictions et des préjugés étrécissants (Blondel, Action, 1893 p. 2).
Prononciation
[etʀesi:ʀ], (j')étrécis [etʀesi].
Étymologie et histoire
1366, janv. extroicir « rendre plus étroit » (Ord., XIX, 488 ds Gdf. Compl.). Issu par changement de suff. (-ir*) de l'a. fr. estrecier (xie s. judéo-fr. etristser « resserrer » ds FEW t. 12, p. 2965 ; ca 1170 estrecier « presser, enserrer » (Rois, éd. R. Curtius, II, XXII, 46, p. 104); du lat. vulg. *strictiare, dér. du lat. class. strictus v. étroit.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 11.
Dérivés