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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ÉMOTIONNER

verbe transitif
Causer une émotion, un trouble. Émotionner qqn, la vie de qqn. La vue de Gaga l'émotionnait, ses yeux ne la quittaient plus (Zola, Nana, 1880, p. 1103) :
Quand je vois le genre d'intérêt, d'impression presque nerveuse que cause sur les femmes la lecture du livre de Lamartine, je me demande si c'est là l'effet que doit produire l'histoire. Je ne dirai pas que ce livre émeut, mais il émotionne. (Sainte-Beuve, Mes poisons, 1869, p. 81)
— Emploi pronom réfl. Pascal et Clotilde se récriaient, s'émotionnaient (Zola, D. Pascal, 1893, p. 239).
Remarque : 1. Ce verbe est condamné par les puristes. L'on ne voit pas bien que la langue qui avait « émouvoir » ait fait, en acceptant « émotionner », une acquisition très importante ni très belle (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 17). 2. On rencontre ds la docum. a) Émotionné, ée, part. passé et adj. Qui ressent une vive émotion, un trouble. Embrassades émotionnées. Étienne, stupéfait, émotionné, le regardait (Zola, Germinal, 1885, p. 1527). b) Émotionnement, subst. masc. Émotion. J'attends avec un certain émotionnement Daudet (Goncourt, Journal, 1894, p. 568).
Prononciation
[emosjɔne], (j')émotionne [emosjɔn].
Étymologie et histoire
1823 (Boiste). Dér. de émotion*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 42.
Dérivés

Émotionnable

adjectif
Qui peut être ému; qui s'émeut facilement. Sœur Marie des Anges est très jeune, Monsieur, très émotionnable (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p. 109). — [emosjɔnabI̥]. — 1re attest. 1870 (Lar. 19e); de émotionner, suff. -able*. — Fréq. abs. littér. : 1.
Bibliographie
Darm. 1877, p. 118. — Laurie (X.). Sur qq. néol. de Proust. Vie Lang. 1972, p. 622. — Rat (M.). Les Puristes. Vie Lang. 1962, p. 368. — Weil (A.). En Marge d'un nouv. dict. R. Philol. fr. 1932, t. 45, p. 18.