VÊLER
verbe intransitifA. —[Le suj. désigne une vache] Mettre bas, faire son veau. La vache vêlait et poussait des soupirs. Lexandre lui faisait la moue tout en tirant les pattes du veau et disait: « Oui, ma belle! » Le père Castel présidait et disait: « Mes enfants, tirez, tirez! » (, Journal, 1889, p. 25).
— Part. prés. en empl. adj. Il était sans cesse par les routes à courir de vache vêlante en cochon charbonneux (, Jument, 1933, p. 115).
B. —P. anal., pop.[Le suj. désigne une femme] On disait, en parlant d'une sœur prête à accoucher: « Ma frangine, elle va bientôt vêler » (, Invas. 14, 1935, p. 365).
Prononciation et orthographe
[vεle], [ve-], (la vache) vêle [vεl]. Martinet-Walter 1973: [vε-], [ve-] (9, 8). Voy. longue [vε:l] ds Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930. Ac. 1694, 1718: véeler ; dep. 1740: vê-.
Étymologie et histoire
1. 1328 vache de nouvel vellée adj. fém. « vache qui vient de vêler » (Comptes d'Odart de Laigny, Arch. KK 3a , f° 16 r° ds Gdf.); 1485 vache nouveau veslee (Mai, Stat. des Bouchers, ibid.); 1837 fraîche... vêlée (Maison rustique 19e t. 2, p. 467);
2. 1549 veller « faire son veau (d'une vache) » (Est., s.v. veau); 1688 vêler (Miege);
3. 1929 « (d'un iceberg) se former à partir de la dislocation d'un glacier » (Charcot, Mer Groënland, p. 42: l'inlandsis [la masse de glace] du continent [...] « vêle » des icebergs). Dér. de l'a. fr. veel, v. veau ; dés. -er.
2. 1549 veller « faire son veau (d'une vache) » (Est., s.v. veau); 1688 vêler (Miege);
3. 1929 « (d'un iceberg) se former à partir de la dislocation d'un glacier » (Charcot, Mer Groënland, p. 42: l'inlandsis [la masse de glace] du continent [...] « vêle » des icebergs). Dér. de l'a. fr. veel, v. veau ; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 17.
Dérivés
Vêlage
substantif masculina) Mise bas chez la vache. Vêlage précoce. Aussi la soignait-on davantage, à mesure que le vêlage approchait: des soupes chaudes, des sorties aux bons moments de la journée, une surveillance de chaque heure (, Terre, 1887, p. 256).
b)Glaciol. « Fragmentation d'une masse de glace appartenant à un glacier, un iceberg ou une plate-forme de glace » (Villen. 1974). L'ablation des glaciers sous l'effet de la chaleur est intense et le vêlage des iceblocs [blocs de glace] perpétuel (, « Pourquoi-Pas? », 1910, p. 189).