Vil(l)otier, -ière,(Vilotier, Villotier)
substantif* Mot issu de l'entrée VILLE
vx,littér.,péj.[La ville étant parfois considérée comme un lieu de débauche et de perdition; le plus souvent à propos d'une femme] Personne débauchée, libertine. Vous avez un rendez-vous ce soir. — Oui, répondit Phœbus (...). — Chez la Falourdel (...). — La vilotière du Pont Saint-Michel (, N.-D. Paris, 1832, p. 335). — [vilɔtje], fém. [-jε:ʀ]. Rob. 1985: villotier. — 1res attest. a) au fém. ca 1260 « (femme) de mauvaise vie, de mœurs légères » (Les Quatre âges de l'homme, éd. M. de Fréville, 21, p. 14), 1462 subst. villotiere (Fr. Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 1511), b) au masc. α) fin xiiie s. agn. adj. vilotir « qui s'enfuit (d'un oiseau de chasse) » (Le medicinal des oiseus, fol. 50 ds Tilander Glanures), β) ca 1470 subst. « homme simple, naturel » (G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 179), γ) [1539 id. « coureur, débauché » sens incertain (Est.)], 1571 adj. « id. » (La Porte, Epithètes, 172, r° ds Hug.), 1589 subst. (Matthieu, Aman, III, p. 72, ibid.); de ville*, suff. -(ot)ier*. On ignore quel sens, de a ou de b β, est le plus anc. Le sens originel est prob. « celui qui ne reste pas sur le domaine rural auquel il appartient mais va d'un domaine à l'autre », mais c'est ensuite ville « agglomération » considérée comme lieu de vices qui a influencé le sens a. Voir FEW t. 14, p. 449b et 452 note 1.