VICE-
élément formantA. —
1.[Les mots constr. sont des subst. masc. désignant une pers. qui seconde ou remplace la pers. désignée par le 2e élém., ou des subst. gén. fém. désignant une fonction d'adjoint ou de remplaçant (remplie par une ou plusieurs pers.), plus rarement le lieu où est exercée cette fonction]
— ADMINISTRATION : : Instance qui agit par délégation d'un comité. Allons! Comité central de la garde nationale, comité des comités, sous-comités et vice-comités (, Le Pair du Chêne, 1871, n° 1 p. 4 ds Dub. Pol. 1962).
: [À la Défense nationale; corresp. à commissaire A 1] Personne qui seconde ou remplace le commissaire. Le général Legentilhomme, rappelé de Madagascar, prenait les fonctions de vice-commissaire et, peu après, de commissaire à la Défense nationale (, Mém. guerre, 1956, p. 133).
: Instance qui agit aux lieu et place d'une délégation. Délégations de la guerre, des finances, de-ci et de-ça, sous-délégations et vice-délégations (A. C. Blouet, loc. cit.)
vice-comité
substantif masculinvice-commissaire
substantif masculinvice-délégation
substantif féminin— ADMIN. ECCL. (relig. cath.). V. vice-légat, vice-légation (dér. s.v. légat) et aussi: : [Corresp. à patriarche C 2] Personne qui seconde ou remplace le patriarche. De pape, il n'en est pas question dans l'Église catholique française. Sa hiérarchie se compose: « 1 d'un évêque qui prend le titre de patriarche; 2 d'un coadjuteur, vice-patriarche; 3 d'évêques dont la sagesse éclairée dirigera leurs frères dans l'exercice de leurs fonctions (...) » (, ds L'Avenir, 1831, p. 292).
: [Corresp. à préfet D] Personne qui seconde ou remplace le préfet. Mathieu de Montmorency (...) en est le Préfet [de la Congrégation] , (...) j'en suis le Vice-Préfet, (...) d'autres personnes considérables occupent les dignités de Portier, de Sacristain, de Vice-Sacristain, de Secrétaire (, Enf. Aust., 1902, p. 416).
: [Corresp. à sacristain A 1] Personne qui seconde ou remplace le sacristain. V. supra vice-préfet ex.
vice-patriarche
substantif masculinvice-préfet
substantif masculinvice-sacristain
substantif masculin— ADMIN. JUR. (dr. anc.). V. vice-bailli, vice-chancelier et aussi: : « Officier de robe courte qui avait la fonction de prévôt des maréchaux et jugeait les cas prévôtaux. C'était en quelques provinces la même fonction que celle de vice-bailli en d'autres » (Ac. 1798-1878). Le Vice-Sénéchal avec ses archers cherche ces voleurs (Ac., 1798).
: Fonction, résidence du vice-sénéchal. (Ds Lar. 19e -Lar. encyclop., Quillet 1965).
vice-sénéchal
substantif masculinVice-sénéchaussée
substantif féminin• DR. CANONIQUE : : Personne qui seconde ou remplace l'official ecclésiastique. La sentence fut prononcée par le vice-gérent de l'officialité de Paris (Ac., 1878). Le mardi 9 mai, le vice-gérant de l'Officialité de Paris, l'abbé Fromageau, accompagné d'un autre ecclésiastique, arriva à Port-Royal des Champs (, Port-Royal, t. 5, 1859, p. 13). P. anal. Personne qui en remplace une autre. Sous le règne de ce grand vice-gérant [le Christ] demeurez unis comme une seule âme indivisible, à jamais heureux (, Paradis perdu, 1836, p. 359). Au fig.[À propos d'un inanimé abstr.] Ce qui figure à la place de quelque chose; ce qui remplace. Je, tu, et il, et tous leurs analogues, sont donc des pronoms, et les seuls pronoms qui existent. Mais cela veut-il dire qu'ils ne soient que des remplaçants, des vice-gérans des noms? Et le mot pronom, ne doit-il signifier autre chose que pour un nom ? (, Idéol. 2, 1803, p. 83).
: Fonction, charge de vice-gérant. C'est du Sacre [à Reims] que datait pour elle [Jeanne d'Arc] , « non pas la légitimité politique de Charles VII, mais sa légitimité pour ainsi dire surnaturelle, l'exercice parfait de sa vice-gérance pour la terre de France au nom de Jésus-Christ » (, Primauté spirit., 1927, p. 116).
: [Corresp. à inquisiteur I A 1] Personne qui seconde ou remplace l'inquisiteur. Pourtant les juges du procès n'étaient pas tous des prévaricateurs infâmes; (...) l'évêque, le vice-inquisiteur et les assesseurs (...) furent unanimes à la déclarer hérétique [Jeanne d'Arc] (, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. LV).
vice-gérant
vice-gérent
substantif masculinVice-gérance
substantif fémininvice-inquisiteur
substantif masculin— ADMIN. MAR. V. vice-amiral, vice-amirauté (dér. s.v. vice-amiral).
— ADMIN. POL. V. vice-consul, vice-consulat (dér. s.v. vice-consul), vice-présidence (dér. s.v. vice-président), vice-président, vice-roi, vice-royal (rem. s.v. vice-roi), vice-royauté et aussi: : Personne qui seconde ou remplace l'empereur. (Dict. xixe s., GDEL). Fam.[En France, sous le Second Empire; à propos du ministre Rouher] On parlait d'un nouveau conseil (...) auquel assistait l'ancien vice-empereur, M. Rouher (, Débâcle, 1892, p. 55).
: [Corresp. à ministre B 2] Personne qui seconde ou remplace le ministre. MM. Molotov et Vichynsky, respectivement Commissaire et Commissaire adjoint aux Affaires étrangères, ainsi que M. Lozovsky, Vice-ministre (, Mém. guerre, 1954, p. 197).
: Personne qui seconde ou remplace le premier ministre. Au cours d'une conférence de presse (...) M. Walter Ulbricht, vice-premier ministre d'Allemagne orientale, a déclaré que l'entrée de la zone soviétique serait interdite à la commission d'enquête de l'O.N.U. (Le Monde, 19 janv. 1952, p. 2 col. 2).
vice-empereur
substantif masculinvice-ministre
substantif masculinVice-premier ministre
substantif masculin— ADMIN. SOC., INDUSTR. V. vice-présidence (dér. s.v. vice-président), vice-président et aussi: : Personne qui seconde ou remplace le secrétaire. On m'a joué le tour de me nommer vice-secrétaire, ce qui est une place fort semblable à celle d'une cinquième roue à un carrosse (, Lettres Panizzi, t. 1, 1860, p. 81).
vice-secrétaire
substantif masculin— ADMIN. DES UNIVERSITÉS : :
: Charge, fonction de vice-recteur. (Dict. xixe s.).
vice-recteur
substantif masculin1. Jusqu'en 1920, chef de l'Académie de Paris dont le recteur était le ministre de l'instruction publique. À Paris, ces fonctions [de recteur] , exercées de droit par le ministre de l'instruction publique, sont déléguées à un vice-recteur (, Dict. des termes techniques, 1868, p. 461 ds Quem. DDL t. 12).
2.[Dans les facultés cath.] Personne qui seconde ou remplace le recteur. Le vice-recteur d'une faculté catholique (Rob. 1985).
Vice-rectorat
substantif masculin— HISTOIRE : : [Corresp. à connétable B 2] Personne qui seconde ou remplace le connétable. Berthier se tenait debout dans son brillant costume de vice-connétable de l'Empire (, Tén. affaire, 1841, p. 258).
vice-connétable
substantif masculin2.Rare.[Le mot constr. est un subst. fém. désignant l'épouse d'une pers. ayant une fonction d'adjoint ou de suppléant d'un titulaire ou une femme gouvernant avec l'autorité d'une telle fonction] V. vice-reine.
B. —Arg. ou fam.
1.Arg. (des voleurs) : : « Vicaire » (Larch. Suppl. 1880).
vice-race
substantif masculin2.Familier : :
: , p. plaisant. Personne qui tient lieu d'époux en l'absence de celui-ci; amant. J'avais le droit d'entrer à toute heure du jour et de la nuit dans l'appartement de la via Mezzocannone, en qualité de protecteur, de vice-époux, si j'ose dire, de l'Angiolina (, Barnabooth, 1913, p. 208).
vice-dieu
substantif masculin1. Être divin qui remplace un dieu supérieur, dieu secondaire, sous-dieu. (Dict. xixe s.).
2. Personne qui s'attribue un pouvoir ou exige des honneurs presque divins. Le plus souvent p. plaisant.[À propos du pape, représentant de Dieu sur terre] C'est lui qui donnera congé à la Papauté, lui qui, sans doute, va balayer du Vatican le Pape, un vice-Dieu (, Journal, 1862, p. 1138).
vice-époux
substantif masculinRemarque : Empr. au lat., v. vicaire, vice(-)versa, vicissitude.
Vitalité
« Vice- est assez utilisé dans notre langue dans le domaine de l'administration, bien que sa motivation soit faible. Même en latin, c'est une forme isolée et figée depuis longtemps » (Dupré 1972). On notera la forme abrégée de vice- : vi- dans vicomte, vicomtesse.
Prononciation
[vis]. Formant inv.
Bibliographie
Becker 1970, p. 94, 326 (s.v. vice-champion). — Dub. Pol. 1962, p. 443 (s.v. vice-comité et s.v. vice-délégation). — Ranft 1908, p. 43 (s.v. vice-secrétaire). — Thiele (J.). Wortbildung der frz. Gegenwartssprache. Leipzig, 1981, p. 65.