Vert-de-grisé, -ée,
adjectif* Mot issu de l'entrée VERT-DE-GRIS
a)[En parlant d'un objet de cuivre, de bronze; corresp. à supra A 1] Qui est couvert de vert-de-gris. Cuivre vert-de-grisé; sous vert-de-grisés. Jugez de mon étonnement (...) en voyant les musiciens souffler (...) dans des clairons (...) ternes, oxydés, vert-de-grisés (, Hollande, 1859, p. 81). Mystérieuse, elle [la porte de Damas] a pris aujourd'hui, sous le vernis de l'eau ruisselante, une intense couleur de vieux bronze vert-de-grisé (, Jérusalem, 1895, p. 48). Au fig. Qui est corrodé par l'âge, les défauts, le mal. Quel Caliban que ce Balzac, association monstrueuse de génie et de grossièreté (...)! quel style vert-de-grisé! (, Journal, 1866, p. 319).
b)
α)Rare.[En parlant d'une couleur picturale] Qui rappelle la couleur du vert-de-gris. Wynants affectionne pour ses feuillages et ses gazons une certaine nuance vert-de-grisée, qui contraste heureusement avec l'ocre des terrains sablonneux (, Guide Louvre, 1872, p. 149). Empl. subst. masc. M. Tadéma (...) a (...) une facture captieuse se jouant avec (...) les vert-de-grisés, jetant dans la pâle et tendre assonance de ses teintes des carillons de magnifique rouge (, Art mod., 1883, p. 210).
β)[En parlant d'une chose, d'un aspect de la nature ou d'une pers.] D'un vert pâle tirant sur le gris. Synon. vert-de-gris (supra B 3). Elle s'enfonçait aux déserts du jardin, sous ces allées d'arbres de bronze (...): elle passait sous cette verdure vert-de-grisée, mêlant le poussiéreux de l'olivier à l'argenté du saule (, M me, Gervaisais, 1869, p. 187). Des visages blafards grouillant dans l'ombre, d'où par moments un reflet des étoupes faisait sortir quelque tête abominable, une face vert-de-grisée de petit rentier (, E. Rougon, 1876, p. 183). V. chou A ex. de Gautier.