Verdi, -ie
participe passé en emploi adjectival* Mot issu de l'entrée VERDIR
a)
α)[En parlant d'une source lumineuse, d'une couleur] Qui a pris, qui présente une teinte verte. Bleu verdi. Dans l'Esther de Véronèse, la charmante suite des jaunes qui, vaguement (...) rougis, verdis, teintés d'améthyste (...) se fondent (, Philos. art, t. 2, 1865, p. 336). Entre deux ondées, il [le soleil] surnage, blafard, verdi (, Nouv. Contes Ninon, 1874, p. 129).
β)[En parlant d'un lieu] Couvert, garni de verdure ou coloré en vert par suite de la présence de végétaux. Eau verdie; pierres verdies. Piliers verdis et moussus (, Misér., t. 2, 1862, p. 78). Des lézards couraient sur les murs chauds, depuis le renflement verdi du pied, dans les herbes (, Gaspard, 1930, p. 96). [En parlant d'une pers., de sa toilette] Taché de traces de verdure. Si maman voyait ma robe verdie, elle me ferait un raffut! (, Cl. école, 1900, p. 162).
γ)[En parlant d'une chose concr.] Coloré de vert. Le vent ne lâcha pas la presqu'île. Autour, se ruaient les courants verdis, les ophidiens glauques (, Homme aux gants, 1943, p. 189).
b)Péj.
α)[En parlant d'un vêtement, sous l'effet de la vétusté, des intempéries] Qui est décoloré et tire sur le vert. Deux vieilles soutanes, aussi verdies et sordides (, Enf. Aust., 1902, p. 200).
β)[En parlant d'une chose concr., sous l'effet de l'humidité] Couvert de vert-de-gris, de moisissure. Synon. moisi, vert-de-grisé (dér. s.v. vert(-)de(-)gris). Cadavre verdi; murs verdis. Une maison délabrée, moisie, à l'ombre de la cathédrale, comme le témoignaient ses vitres verdies et les lézardes salpêtrées de ses murs (, Rois en exil, 1879, p. 59). Le cuivre verdi qui restait adhérent au cuir décoloré (, Contes et nouv., t. 2 Mlle Cocotte, 1883, p. 814). V. abyssal ex. 8.P. métaph. Le style pourtant blet et déjà verdi des historiens (, À rebours, 1884, p. 45).
γ)[En parlant d'une pers., de son visage, sous l'effet d'une cause pathol. ou d'une émotion] Qui est devenu blafard. Synon. blême, livide, pâle. L'épuisement d'un homme encore vigoureux se trahit par un teint cuivré, verdi (, Rabouill., 1842, p. 495).