UNIFORMÉMENT
adverbeA. — De manière uniforme
1. dans sa qualité, sa forme, sa nature. Tout au long, des deux côtés, s'alignaient les murs poudreux des entrepôts, les cabarets de débardeurs, les maisons tassées, minables et dépeintes des ouvriers. Cela était gris, pauvre, uniformément triste (, Invas. 14, 1935, p. 312). La salle s'est éteinte. L'éclairage est uniformément bleu (, Soulier, 1944, 1re part. 2e journée 1 p. 994).
2. dans toute son étendue. C'est une affection douloureuse uniformément répandue dans tout mon être, un mal étrange qui me tient arrêté dans une sorte de stupeur (, Corresp., 1837, p. 260). Le lendemain fut un jour morne. Nous fûmes surpris, en sortant, de voir un ciel uniformément gris. Le vent soufflait toujours, mais moins impétueusement que la veille (, Immor., 1902, p. 377).
3. dans toute sa durée; sans varier. Rien de neuf dans ma vie, mon cher vieux. Je la passe uniformément au milieu de mes livres et dans la compagnie de mon chien (, Corresp., 1872, p. 460). Les pensées nihilistes, parce qu'elles négligent cette frontière, finissent par se jeter dans un mouvement uniformément accéléré (, Homme rév., 1951, p. 363).
B. — Sans distinction particulière, invariablement de la même façon. Toutes les fois que nous sommes en présence d'un type de pensée ou d'action qui s'impose uniformément aux volontés et aux intelligences particulières, cette pression exercée sur l'individu décèle l'intervention de la collectivité (, Formes élém. vie relig., 1912, p. 680). On mit les noms dans un chapeau; quatre petits billets semblables et uniformément repliés (, Faux-monn., 1925, p. 1241).
Prononciation et orthographe
[ynifɔʀmemɑ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Ca 1380 uniformeement (Roques t. 2, n° 13437); fin xive -déb. xve s. [ms.] uniformement (Catholicon, B.N. l. 17881 ds Gdf. Compl.); 1534 [éd.] uniformément (Le Guidon en françoys, 85b ds Rom. Forsch. t. 32, p. 177). Dér. de uniforme1 *; suff. -ment2 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 166.