TÉRATOLOGIE
substantif féminin• Tératologie expérimentale. Production, par manipulation sur l'embryon, de sujets monstrueux à des fins expérimentales visant à mieux comprendre le mécanisme et la genèse des monstres et de tenter d'y remédier. P. Ancel a développé un chapitre de la tératologie expérimentale (Biol., 1965, p. 580 [Encyclop. de la Pléiade]).
— P. anal.,BOT. Partie de la botanique traitant des déformations pathologiques des plantes. (Ds Baillon t. 4 1892, Gatin 1924, Forest. 1946).
— P. métaph. Cette tératologie sublime du progrès faisant effort vers l'idéal, donne ce monstre et produit ce chef-d'œuvre: Paris (, Paris, 1867, p. 62).
Prononciation et orthographe
[teʀatɔlɔʒi]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1830 (I. Geoffroy Saint-Hilaire, De la nécessité de créer pour les Monstres une nomenclature rationnelle et méthodique, Paris, Crochard, [extrait des Annales des sciences nat., juill. 1830], p. 7, note 1 ds Doc. pour l'hist. du vocab. sc., n° 8, p. 45). Empr. au gr. τερατολογία « récit de choses extraordinaires; inventions mensongères, hâblerie », comp. de τέρας, τέρατος « signe envoyé par les dieux » et « chose monstrueuse » en partic. « animal monstrueux » et de -λογια (élém. tiré de λόγος), v. l'élém. formant -logie.
Dérivés
1. — [teʀatɔlɔʒik]. — 1res attest. a) 1832 « qui appartient, est relatif à la tératologie » (Raymond), b) 1843 « qui tient du monstre » (Mérimée, loc. cit.); de tératologie, suff. -ique*.
Tératologique
adjectifa) Relatif à la tératologie. Phlégon, dans ses recueils tératologiques, avait donné place à plusieurs miracles de Jésus (, Église chrét., 1879, p. 41).
b)[En parlant d'une pers.] Qui est atteint d'une anomalie congénitale monstrueuse. P. iron. N'ayant jamais vu Berger de Xivrey j'ai envie de voir comment il est fait. Il doit être bien tératologique (, Lettres L. Vitet, 1843, p. 57).
c) Qui relève de la tératologie
α)animale. Cas, caractère, phénomène tératologique. V. ectopie ex. de Cuénot, J. Rostand.
β)végétale. Cet épi (...) semble être une forme tératologique, c.-à-d. une monstruosité héréditairement fixée (, Bot. et biol. végét., t. 2, 1931, p. 288).
γ)P. anal. La linguistique doit les mettre [ces déformations phoniques] en observation dans un compartiment spécial: ce sont des cas tératologiques (Sauss., 1916, p. 54).
2. Spécialiste en tératologie. Ces monstruosités, pleines d'intérêt pour le tératologiste, nous sont tout à fait indifférentes (, Mal. enf., 1882, p. 7). P. plaisant. et iron. Qui diable peut encore s'intéresser aux séances du Sénat, hormis les malades sujets aux insomnies, les tératologues (France, 1907). — [teʀatɔlɔʒist], [-lɔg]. — 1res attest. 1841 tératologue (Encyclop. nouv. t. 8, p. 401b, s.v. tératologie), 1872 tératologiste (Littré); de tératologie, élém. formants -logue* et -logiste*.
Tératologiste, tératologue
substantif masculinBibliographie
— Quem. DDL t. 29 (s.v. tératologisme).