TRANSCENDANTALISME
substantif masculinA. —[P. oppos. à immanentisme] Tout système admettant des formes et des concepts a priori dominant l'expérience. Transcendantalisme kantien. Prendre des choses l'aspect que nous voulons (si tant est que quelque chose en elles puisse justifier cet aspect), et ensuite déclarer que ces choses ne sont que des termes dans la vue que nous avons d'elles, voilà le transcendantalisme (, L'Erreur de la philos. all., trad. par G. Lerolle et H. Quentin Paris Nouv. libr. nat., 1917, p. 60).
B. — Courant de pensée philosophique et religieux, représenté par Carlyle (Angleterre) et Emerson (États-Unis), qui prolongeait dans un sens individualiste le romantisme allemand, et qui se caractérisait par un certain mysticisme moral ainsi que par la tendance à unir l'individuel à l'universel. Le Transcendantalisme fut, non pas une philosophie arrêtée, sèche et dogmatique, mais surtout une réaction idéaliste contre la philosophie du XVIIIe siècle, et contre les formules qui régissaient alors la Religion et la Société (, Hawthorne, p. 65 ds Lal. 1968).
Prononciation
[tʀɑ̃sɑ̃dɑ̃talisb̭].
Étymologie et histoire
1801 (Ch. de Villiers, Philosophie de Kant, p. 121 ds Quem. DDL t. 22). Dér. de transcendantal*; suff. -isme*.
Dérivés
Transcendantaliste
substantif masculin et adjectifa)Subst. masc. Partisan du transcendantalisme.
α)[Corresp. à supra A] Les transcendantalistes allemands édifiaient une science purement formelle (Hist. gén. sc., , t. 3, vol. 1 1961, p. 502).
β)[Corresp. à supra B] Certains transcendantalistes américains développèrent des idées mystiques, d'autres eurent une influence encore vivace aujourd'hui sur les divers groupes puritains et naturalistes (Legrand, 1972).
b)Adj.[Corresp. à supra A] Qui se rapporte au transcendantalisme. Théories transcendantalistes. Le graphologue français continuera, selon sa formation à base transcendantaliste, à aborder l'écriture en hiérarchisant les parties constitutives de la forme structurée, mais il pourra compléter son étude conformément à l'attitude immanentiste allemande (, L'Analyse des écritures, 1972, p. 100).