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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

TRANQUILLISER

verbe transitif
A. —Empl. trans. Rendre tranquille; redonner à quelqu'un le calme de l'esprit en le délivrant de l'inquiétude, en le débarrassant de ses soucis, de ses préoccupations. Synon. apaiser, calmer. Gilbert était parfois pris de pitié. Il s'imposait alors de la tranquilliser, passait avec elle sa soirée, lui lisait un livre nouveau, tandis que la jeune femme attachait sur lui un regard reconnaissant (Arland, Ordre, 1929, p. 418). Augustin (...) pensa que dix points d'avance devaient la tranquilliser largement sur son épreuve de latin (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 56).
B. —Empl. pronom. Retrouver le calme, cesser de s'inquiéter. Synon. se calmer, se rassurer. En sa contemplation du nid, le philosophe se tranquillise en poursuivant une méditation de son être tranquille du monde (Bachelard, Poét. espace, 1957, p. 103).
Remarques

Tranquillisé, -ée

participe passé en emploi adjectival
Qui a retrouvé son calme, son assurance après avoir éprouvé de l'inquiétude. Enfin, quittant le théâtre pendant un entr'acte de l'Ami Fritz, il revient de l'hôtel, cette dépêche en main, tranquillisé, rasséréné (Goncourt, Journal, 1893, p. 410).
Prononciation et orthographe
[tʀɑ̃kilize], (il) tranquillise [-li:z]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1420 (Traicté de Troyes, VII ds Gdf. Compl. : tranquiliser, appaiser et gouverner icelui royaume), rare av. le xviie s., période où le mot est d'abord « reçu avec peine » (v. R. Philol. fr. t. 24, p. 114);
2. 1960 tranquillisant « médicament sédatif » (Porot). Dér. de tranquille*; suff. -iser*; le m. fr. a empl. également tranquiller (1420, v. Gdf. — Nicot 1606).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 369. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 557, b) 697; xxe s.: a) 642, b) 331.
Dérivés

Tranquillisation

substantif féminin
Action de tranquilliser; résultat de cette action. Plutôt encore que le plaisir, c'est le repos qui le suit, que je cherche; le clair regard désintéressé que cette satisfaction de la chair permet de porter sur le monde, et cette tranquillisation de tout l'être (Gide, Journal, 1931, p. 1072). — [tʀɑ̃kilizasjɔ̃]. — 1re attest. 1931 id. ; de tranquilliser, suff. -(a)tion*.