Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

TISSERAND, -ANDE,

substantif
A. —
1. Ouvrier, ouvrière qui fabrique les toiles et les étoffes au métier à tisser traditionnel. Navette de tisserand; quartier des tisserands; syndic, confrérie, corporation, communauté de tisserands. L'étage principal contenait les métiers des tisserands de draps et d'étoffes de serge (...) quatre mille métiers de trente à quarante ouvriers chacun (Michelet, Journal, 1840, p. 334). Le travail de la soie est à peu près exclusivement réservé aux femmes, lesquelles, en plusieurs cas — justement les fileuses de soie, comme les tisserandes et quelques autres — sont constituées en « métiers », tout comme les hommes (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 141).
• P. métaph. Ses feux [du soleil] sont les tisserands des éléments; ils les assemblent et les séparent; ils en sont à la fois la navette et les ciseaux (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 144).
— En compos. ou en appos. Compagnon tisserand. Ces lutins domestiques (...) apprirent aux maîtres tisserands le secret des belles couleurs (Devigne, Légend. de Fr., 1942, p. 15). Avant la concentration manufacturière, le paysan-tisserand cauchois connut la renommée (Le Nouvel Observateur, 25 oct. 1976, p. 69 col. 2).
2.Mod. Artisan, créateur d'œuvres tissées dont il assure lui-même le dessin et la réalisation. (Dict. xxe s.).
B. —Subst. masc., spéc.
1.ENTOMOL. Araignée qui produit en automne les filaments appelés fils de la Vierge. (Dict. xixe s.).
2.ORNITH. Famille d'oiseaux de l'ordre des Sylvains qui comprend les tisserins, les loriots (d'apr. Privat-Foc. 1870).
Prononciation et orthographe
[tisʀɑ̃], fém. [-ɑ̃:d]. Att. ds Ac. dep. 1694 (au masc.).
Étymologie et histoire
1.
a) 1224 toisserans masc. plur. (Lett. de Pierre, abbé de S.-Denis et Mahieu, sire de Montmorency, A.N. K 830, pièce 1 ds Fagniez t. 1, p. 138); 1239 tisseranz (S. Loup, A. Aube ds Gdf. Compl.);
b) ca 1260 tesseirande fém. (Etienne Boileau, Livre des métiers, éd. G. B. Depping, p. 99);
2. 1832 « famille d'oiseaux sylvains » (Raymond). Dér. de tistre anc. forme de tisser* à l'aide de l'anc. suff. germ. -enc (v. FEW t. 13, 1, p. 294); cf. également tissier « ouvrier qui tisse » (xiie s.-1771 Trév.) et le prov. teissandier (dep. 1279), v. FEW, loc. cit., p. 291.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 160.
Dérivés

Tisseranderie

substantif féminin
Profession de tisserand et, p. ext., vendeur, négociant d'ouvrages fabriqués par les tisserands. C'était là, à l'entour de ces halles (...) que se massaient les artisans et les marchands, groupés par affinités corporatives (...) la tannerie; la draperie; la foulerie et la tisseranderie (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 13). — [tisʀɑ̃dʀi]. Att. ds Ac. dep. 1798. — 1res attest. ca 1260 mestier de toissaranderie (Etienne Boileau, Livre des métiers, éd. Lespinasse et Bonnardot, p. 96), 1346 tiesseranderie (A. N. JJ 72, f° 177 r° ds Gdf. Compl.); de tisserand, suff. -erie*.
Bibliographie
— George (K. E. M.). Les Désignations du tisserand ds le dom. gallo-rom. Tübingen, 1979, passim. — Quem. DDL t. 5.