TINTINNABULER
verbe intransitifA. —[Le suj. désigne des grelots, des clochettes] Deux robustes chevaux de labour harnachés fort proprement, avec colliers peinturlurés et clarinés de grelots qui tintinnabulaient le plus agréablement du monde au pas ferme et régulier de ces braves bêtes (, Fracasse, 1863, p. 182).
B. —P. ext.[Le suj. désigne un objet sonore en métal, en verre, etc.] Elle sacrifia la rôtissoire qui, tintinnabulant sur la pente avec un bruit de ferraille, fit trébucher celui des estafiers qui les serrait de plus près (, Colline insp., 1913, p. 224). L'esprit d'un jeune matelot, habitué invisible et espiègle, qui, revenant à jours fixes, s'enfermait dans l'armoire à vaisselle pour y faire tintinnabuler tasses et soucoupes (, Chambre d'hôtel, 1940, p. 196).
Remarques
1.littér. Qui tintinnabule, qui sonne avec un timbre de clochettes, de grelots. J'admire un lustre de cristal qui ressemble à la retombée d'un jet d'eau: je voudrais emporter cette chose tintinnabulante et fragile mais l'état de la route me ramène à la raison (, Itinér. esp., 1933, p. 84).
Tintinnabulant, -ante,
participe présent en emploi adjectival2.rare. Tintinnabuler. La comtesse faisait tintinnuler dans sa main les cinq pièces d'or d'un faux commissaire en modes, autre compère d'Octave, qu'un juge, monsieur Popinot, lui avait trouvé (, Honorine, 1843, p. 369).
Tintinnuler
verbe intransitifPrononciation
[tε̃tinabyle], (il) tintinnabule [-byl].
Étymologie et histoire
1840 part. prés. (Balzac, P. Grassou, p. 449: un paquet de breloques tintinnabulant). Dér. du lat. tintinnabulum « espèce de crécelle en métal, grelot, clochette », dér. de tintinnare « tinter », de tinnire « id. » (v. tinter1 ); on trouve en m. fr. la forme tintinnabule « sonnette » (1477, Molinet, Le naufrage de la Pucelle ds N. Dupire, J. Molinet, vie, œuvres, p. 284), directement empr. du latin.
Dérivés
Tintinnabulement
substantif masculinBibliographie
— Darm. 1877, p. 217.