THÉSAURISER
verbeA. —Empl. intrans.
1. Amasser, accumuler de l'argent sans le dépenser ou l'investir. Il thésaurise pour subvenir aux frais d'une campagne prochaine (, Pamphlets, Appel à la Nation, 1790, p. 158). Si c'est un mérite de thésauriser, c'en est un aussi que de faire un noble usage de sa fortune (, Prov. dram., Espr. désordre, 1835, 2 p. 248).
2.P. ext. Amasser des richesses. Ils leur serinèrent les premières fables de La Fontaine. Les enfants approuvaient la fourmi qui thésaurise, le loup qui mange l'agneau, le lion qui prend toutes les parts (, Bouvard, t. 2, 1880, p. 153).
B. —Empl. trans.
1.[Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé concr., gén. de l'argent, des richesses, des valeurs] Amasser sans dépenser. Elle thésaurisait dans ses placards des zibelines, de l'autruche, des paradis, des soies du Japon, des peaux et des étoffes (, Invas. 14, 1935, p. 154). Ces capitaux, concentrés aux mains d'un nombre relativement faible d'individus, furent en partie gaspillés en dépenses de luxe, prêtés aux trésors royaux, consacrés à l'achat de terres ou bien thésaurisés (, Révol. fr., 1963, p. 28). Au part. passé. L'Europe ne laissait pas seulement échapper de ses mains les réserves d'or patiemment thésaurisées durant des siècles, nous laissions échapper l'héritage le plus sacré de l'humanisme grec (, Dest. du S., 1931, p. 89).
2.Au fig.[Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé abstr., gén. des richesses intellectuelles, spirituelles, affectives] Accumuler, amasser. Thésauriser des connaissances, du savoir. Si tu as donc compris mes regards, à ta rencontre pourquoi m'avoir laissé thésauriser d'immenses désirs inapaisés. Si tu ne les vis pas, sache... Adieu, je t'aimais (, Corresp., 1822, p. 157). Je les aimais, ces mots; j'absorbais leur vie. Quelquefois je ne pouvais pas savoir au juste comment ils se prononçaient, mais je les thésaurisais dans mon cœur lettre par lettre (, Barnabooth, 1913, p. 246).
Remarques
Thésaurisateur, -trice,
substantif et adjectifPrononciation et orthographe
[tezɔʀize], (il) thésaurise [-ʀi:z]. Ac. 1694, 1718: thesauriser, dep. 1740: thé-.
Étymologie et histoire
1.
a) Ca 1350 trans. « mettre de côté (de l'argent, des valeurs), ne pas dépenser » (Gilles le Muisit, Poésies, I, 361 ds T.-L.);
b) 1822 « accumuler (des richesses intellectuelles et spirituelles) » (Balzac, loc. cit.);
2.
a) fin du xive s. intrans. thesaurier « amasser des richesses pour les garder, sans les dépenser ni les faire fructifier » (E. Deschamps, Œuvres compl., éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 5, p. 151); 1588 thesaurizer (Montaigne, Essais, I, 14, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 65);
b) 1690 « se constituer un capital intellectuel et spirituel » (Fur.). Empr. au lat. chrét. thesaurizare « amasser (des trésors) », dér. de thesaurus « trésor » (v. ce mot).
a) Ca 1350 trans. « mettre de côté (de l'argent, des valeurs), ne pas dépenser » (Gilles le Muisit, Poésies, I, 361 ds T.-L.);
b) 1822 « accumuler (des richesses intellectuelles et spirituelles) » (Balzac, loc. cit.);
2.
a) fin du xive s. intrans. thesaurier « amasser des richesses pour les garder, sans les dépenser ni les faire fructifier » (E. Deschamps, Œuvres compl., éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 5, p. 151); 1588 thesaurizer (Montaigne, Essais, I, 14, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 65);
b) 1690 « se constituer un capital intellectuel et spirituel » (Fur.). Empr. au lat. chrét. thesaurizare « amasser (des trésors) », dér. de thesaurus « trésor » (v. ce mot).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 54.
Dérivés