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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

THRÈNE

substantif masculin
A. —
1.ANTIQ. GR. Lamentation chantée lors des funérailles. Thrènes de l'Iliade. Père, (...) Entends notre voix déplorable! Le thrène à deux voix sur ta tombe Des enfants qui te redemandent Fugitifs, suppliants, Tu les accueilles, indifférent (Claudel, Choéphores, 1920, p. 925).
2.P. anal.,RELIG.[N. donné par les chrétiens grecs aux Lamentations de Jérémie](Dict. xixe et xxe s.).
B. —Littér. Complainte funèbre, lamentation poétique. Thrène gémissant, tumulaire; thrènes désespérés. C'est un poème des Châtiments, d'une grandeur antique. Et d'une piété proprement eschylienne (...). Une lamentation, un thrène (Péguy, Clio, 1914, p. 183).
Prononciation et orthographe
[tʀεn]. Homon. traîne. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
xive s. (Bible, ms. Bibliothèque de l'Arsenal, 2, 059, f° 153 v° ds Trénel, p. 132: Si com dist Jeremies en trenes); 1503 (Jean Lemaire de Belges, Plainte du désiré ds Œuvres, éd. J. Stecher, t. 3, p. 173: les Threnes Hieremie), rare av. le xixe s. Empr. au b. lat. threnus « chant funèbre, complainte » (ive s., v. Blaise Lat. chrét., avec réf. aux Lamentations de Jérémie), transcrivant le gr. θρη̃νος de même sens; cf. au xiiie s. treny (Bible, Bibliothèque Mazarine, 35, f° 156 v° ds Trénel, loc. cit.).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 11.