Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

TETTE

substantif féminin
Bout de la mamelle chez les Mammifères. Synon. tétine. Tette de chèvre, de truie (Ac.). [Dans une compar.] Je vois (...) l'Afrique, pareille à la masse d'Hercule, l'Amérique, deux tettes de louve gonflées d'or, l'Océanie, semence infinie répandue sur les mers, l'Asie, tourte informe (Morand, Eau sous ponts, 1954, p. 230).
Prononciation et orthographe
[tεt]. Homon. tête. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1.
a) Ca 1200 « sein » (1ere Continuation de Perceval, I, 7943 ds T.-L.: tete);
b) ca 1387-89 tetes des lisses (Gaston Phébus, Livre de la chasse, éd. G. Tilander, chap. 15, 83);
2. 1660 « bout de la mamelle, bout du téton » (Oudin Fr.-Esp.). Du germ. occ. *titta « sein de femme », cf. l'all. Zitze « mamelon », l'angl. teat « id. ».
Dérivés
1.

Tétasse

substantif féminin
pop.,vulg., péj., vieilli. Sein (de femme) lourd et flasque. V. balochant ex. 1.P. méton., en appellatif. Femme aux seins lourds et flasques. Elle les surprit seulement un jour en train de l'appeler « la grand'tétasse », parce que sans doute son devant de gilet était un peu fort, malgré la mauvaise nourriture qui lui vidait la peau (Zola, Assommoir, 1877, p. 701). — [tetas], [-ɑ:s]. Lar. Lang. fr. [-as]; Rob. 1985 [-ɑ:s]. Voir G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n° 1 1981, pp. 215-217. Att. ds Ac. dep. 1694 (1694-1740: tetasse ; 1762-1878: tetasses, au plur. en vedette, mais aucun ex. permettant d'affirmer si le mot est écrit ou non avec é à l'init.; v. téter). — 1re attest. 1480 « sein lourd et flasque » (G. Coquillart, Droitz nouveaulx, 430 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 149); de tette, suff. -asse, v. -ace.
2.

Tétin

substantif masculin
a)Vx ou littér. Sein. Isabeau, ma mie, je ne serai content de Jupiter que lorsqu'il aura changé vos deux tétins blancs en deux noires bouteilles, où je téterai du vin de Beaune jour et nuit (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 413).
b) Mamelon chez les Mammifères. Synon. tétine. Des brebis Et des truies aux tétins roses comme des lobes (Apoll., Alcools, 1913, p. 102).
— [tetε̃]. Ac. 1694-1762: tetin ; 1798: tétin ; 1835, 1878: tetin (id. ds Littré) ; 1935: tétin (id. ds Lar. Lang. fr., Rob. 1985). V. téter. — 1res attest. a) α) 1403 « sein, mamelle » (Eustache Deschamps, Miroir de mariage, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 49, 1424: tettin), β) 1538 « mamelon du sein » (Est., s.v. papillia), b) α) 1553 « tétine » (Ronsard, Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 5, p. 73, 331), β) 1846 « chacun des deux mamelons de la vache placés en arrière des quatre principaux mamelons » (Besch.); de tette, suff. -in*.
Bibliographie
— Lehmann (M.). Analyse du discours lexicogr.: le corps sexué ds le Pt Lar. Ill. de 1906 à 1980. Thèse, Paris VIII, 1981, p. 242, 244, 246, 251, 268, 279 (s.v. tétin).