STEPPE
substantif fémininA. —BIOGÉOGRAPHIE
1.Gén. au sing. Formation végétale constituée de plantes xérophiles herbacées ou ligneuses, le plus souvent en touffes espacées, qui croissent sous un climat continental sec en été ou un climat tropical semi-aride (d'apr. George 1984); type d'espace géographique correspondant à cette forme de végétation. [La France] est située hors de portée de ces contrastes fortement tranchés qu'engendrent la steppe ou le désert (, Tabl. géogr. Fr., 1908, p. 52). [La vigne] s'étend vers le Nord et vers l'Est jusqu'aux franges des deux types homogènes de végétation de la forêt boréale et de la steppe (, Géogr. hum., 1942, p. 146).
— Loc. adj. De steppe. Propre à ce type de formation végétale, d'espace géographique correspondant; qui en a certaines caractéristiques (aridité en partic.). La substitution d'une faune de steppe à la faune de forêt (, Princ. géogr. hum., 1921, p. 128). Des barrages de barbelés, de grands squelettes de chevaux morts (...) complétaient cette âpre désolation de steppe (, Invas. 14, 1935, p. 360).
2.Gén. au plur. Vaste étendue localisée sur le globe, où se développe ce type de formation végétale. L'élevage trouva aussi dans les steppes des pays neufs tempérés des deux hémisphères un domaine immense dès que les voies ferrées et les installations d'abattage, les frigorifiques, eurent été créés (, Hist. écon., 1966, p. 304).
Syntagmes : Steppes arides, désolées, glacées, sans fin; les steppes de l'Asie centrale, de la Russie; traverser les steppes; à travers les steppes.
3.[Dans certains empl. rel. à la préhist. et à l'hist., le subst. au sing. ou au plur., sans adj. ni compl. déterminatif, désigne plus partic. des régions du continent eurasiatique] Les peuples de la steppe. L'immense empire des steppes fondé par Gengis-Khan (, Princ. géogr. hum., 1921, p. 271).
— ARCHÉOL. Art des steppes. Forme d'art caractérisée par la représentation d'animaux qui se développa du 3e millénaire avant J.-C. au IIIe s. après J.-C. environ chez les peuples nomades des steppes eurasiatiques. Les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie réalisés par l'art des steppes (, Dialog. avec visible, 1955, p. 185).
B. —Littér.[P. allus. à certaines caractéristiques (nature physique, immensité, aridité, monotonie, etc.) propres aux steppes] La Chênaie est une sorte d'oasis au milieu des steppes de la Bretagne (, Corresp., 1832, p. 66). Je parle, je parle. Kossiakoff (...) ne comprend pas (...). Il y a des steppes entre nous (, Solit. pitié, 1932, p. 200).
Remarque : Chez un certain nombre d'aut. du xixe s. (p. ex. Las Cases, Balzac, Sand, Flaubert) et même du xxe s. (p. ex. Loti, G. Leroux, Vercel), ce subst. se rencontre au masc. Cela tient sans doute au fait que le mot a d'abord été orthographié step en fr. mais il n'y a plus de contestation actuellement quant à son genre féminin.
Prononciation et orthographe
[stεp]. Ac. 1835, 1878 au masc. ou au fém., 1935 au fém.
Étymologie et histoire
1679 step nom d'un désert de Sibérie (Relation curieuse de l'estat present de la Russie, traduite d'un auteur anglois [S. Collins] d'apr. R. Arveiller ds Mél. Dauzat (A.) 1951, p. 30); 1752 step subst. masc. « plaine de Russie » (Trév.); 1810 steppe subst. masc. « plaine désertique » (J. de Maistre, Corresp., t. 3, p. 492); 1835 (Ac. indique « plusieurs géographes font ce mot féminin »). Empr. par l'intermédiaire de l'angl. (1672 step S. Collins ds NED), au russe step', mot fém. empl. aussi au masc. (Vasmer t. 3 1958).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 214. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 159, b) 277; xxe s.: a) 219, b) 493.
Dérivés