SPONTANÉISME
substantif masculinA. —SC. POL. Théorie développée par Bakounine et Rosa Luxembourg, critiquée par Lénine, selon laquelle le mouvement révolutionnaire se développe spontanément, sans avoir à passer par les organisations politiques, administratives, industrielles et syndicales. Dénoncer le spontanéisme. Les gauchistes (...) étaient décidés à (...) célébrer dignement ceux qui, pour eux, ont inventé le spontanéisme. A l'École normale supérieure, ils cassèrent donc les meubles (L'Express, 29 mars 1971, p. 46 col. 3).
B. —SOCIO-POL. Attitude sociale et/ou politique spontanée. Kopp juge le spontanéisme incapable de s'adapter à un urbanisme planifié pour des collectivités importantes et le rejette dans un marginalisme rétrograde et inefficace (Le Sauvage 1er oct. 1976, p. 50 col. 3).
• Spontanéisme pédagogique. Le spontanéisme pédagogique est éminemment positif en ce qu'il fait ressortir les contradictions du système d'enseignement, toutes les farces idéologiques des mythes bourgeois de la culture. Lorsqu'un surgé ou un doyen en sont réduits à prendre la fuite, ce n'est pas seulement un bon spectacle, mais cela contribue aussi à démythifier le pouvoir (La Répression dans l'enseign. Paris Maspero, 1972, p. 125). Spontanéisme vert. Il est clair que les maires communistes ont compris, beaucoup plus tard que la majorité, le virage écologique (...) peut-être parce que le spontanéisme vert n'a pas su se développer dans les cadres rigides (Le Point, 21 févr. 1977, p. 37 col. 1).
Remarques
Spontanéiste
substantif et adjectifPrononciation
[spɔ̃taneisb̭].
Étymologie et histoire
1968 (Le Monde, 28 mai, p. 6, col. 2). Dér. de spontané*; suff. -isme*.