Spiritualisation
substantif féminin* Mot issu de l'entrée SPIRITUALISER
littér. Action de spiritualiser; fait d'être spiritualisé. a)[Corresp. à supra A]Chim.,vx.Synon. de distillation. La spiritualisation se fait par la distillation (Ac., 1798-1878).
b)[Corresp. à supra B]
α)[Corresp. à supra B 1] Fait de dégager (une réalité) de ses liens avec la matière et les sens; ouverture à la vie de l'esprit. Spiritualisation, par le miracle de la danse, de la matière libérée de sa pesanteur. Mais, si la même arabesque est frustrée de son accent spirituel — de cet accent de l'âme qui précède l'action et ses effets, — elle n'est plus qu'une pauvre attitude de marionnette compassée, qu'un souffle ferait choir! (, Traité chorégr., 1952, p. 156). Domaine artist. (beaux-arts, litt., mus.). Transfiguration du réel au profit de l'idée. Synon. idéalisation ; anton. matérialisation. Plus qu'en aucun art est saisissante dans la peinture (...) cette opération de l'esprit qui s'appelle la spiritualisation des aspects (, De Watteau à Wistler, 1905, p. 148). Absorption de la forme par le fond, intimité, concentration, « spiritualisation », pour tout dire d'un mot, tels sont les traits dominants du style des derniers quatuors [de Beethoven] (, Quat. Beethoven, 1925, p. XV). [Corresp. à supra B 1 b β] Élévation au-dessus des sens; caractère noble, élevé de quelque chose. Synon. sublimation. Nul doute qu'un entraînement quotidien de ce genre [la danse] ne donne au corps qui s'y soumet, sveltesse, grâce et décision. Spiritualisation du désir. Mais c'est du désir tout de même. Du désir de l'on ne sait quoi (, Journal, 1941, p. 90).
β)[Corresp. à supra B 2] État mystique, religieux de quelqu'un; vie spirituelle. Cette inaptitude relative de l'homme d'Occident à la spiritualisation absolue (, Journal, 1925, p. 294). En partic.[À propos d'un écrit] Conversion du sens littéral en sens spirituel, allégorique. Anton. littéralité. La spiritualisation de la Bible. La spiritualisation d'un récit biblique (Lar. Lang. fr.).