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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SOULAS

substantif masculin
Vx ou région.
A. — Plaisir, divertissement. Aussi, puisse prospérer longtemps et toujours le précieux petit établissement, pour la joie, le repos et le soulas des honnestes gens du voisinage (Verlaine, Œuvres compl., t. 4 Mém. veuf, 1886, p. 198).
B. — Soulagement, consolation. Certes, le père n'eût pas permis jadis qu'elle dansât aux ducasses, et c'est un bien pauvre soulas pour une fille que le regard furtif jeté chaque dimanche au sortir de la messe, sur les vitres de l'estaminet! (Bernanos, M. Ouine, 1943, p. 1377).
Prononciation et orthographe
[sulɑ], [-la]. Att. ds Ac. dep. 1798.
Étymologie et histoire
1. Déb. xiie s. « réconfort, consolation » (Alberic, Alexandre, 7 in Elliott Monographs, t. 38, p. 38), att. jusqu'au xviie s. (v. Littré), qualifié de « vieux » dep. Ac. 1694;
2. ca 1165 « plaisir, agrément » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 28813), noté comme vieux mot dep. la fin du xvie s. (Estienne, Precellence, v. Hug.), non att. ds les Ac. mais figurant dans la série des Trév. ; les sens 1 et 2 ont survécu dans les parlers région., v. FEW t. 12, p. 33. Du lat. solacium « consolation, réconfort » d'où en termes de dr. « indemnisation, compensation » (dér. de solor, solari « soulager, consoler », évincé dès l'époque class. par son comp. consolari, v. consoler).
Bibliographie
Gebhardt (K.). Les Franco-provençalismes de la lang. fr. R. Ling. rom. 1974, t. 38, p. 194. — Sain. Arg. 1972 [1907], p. 248. — Spitzer (L.). Wortgeschichtliches Z. fr. Spr. Lit. 1917, t. 44, pp. 249-250.