Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SERDEAU

substantif masculin
HISTOIRE
A. — Dans l'ancienne cour des rois de France, officier de bouche qui recevait des mains des gentilshommes les plats desservis de la table royale. Alors peut-être quelques-uns de ces Prométhées, qui créent des merveilles avec de la boue et du feu, leur auraient dit: Nous sommes les fils de ces vassaux, jadis gardes-chasse, vide-bouteilles, serdeaux, valets de chiens de Messeigneurs de Condé (Gozlan, Notaire, 1836, p. 84).
B. —P. méton.
1. «  Lieu où l'on portait les plats de cette desserte, où les gentilshommes servants prenaient leurs repas » (Ac. 1935).
2. « L'endroit où se faisait la revente de cette desserte des tables » (Ac.). Un poulet froid acheté au serdeau (Ac.).
Prononciation et orthographe
[sεʀdo]. Att. ds Ac. dep. 1718.
Étymologie et histoire
1. Ca 1470 « officier de bouche de la table du roi » (Georges Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 307: serdaux, plur.);
2. 1659 « lieu où l'on porte les plats desservis de la table royale et où les gentilshommes servants prennent leur repas » (Boisrobert, Epîtres en vers, éd. M. Cauchie, t. 2, p. 208, 22: cerdeau);
3. 1798 « endroit où se fait la revente des dessertes de la table royale » (Ac.). Altér. de l'anc. subst. sert-de-l'eau « officier de bouche de la table du roi » (xiiie -xive s., Taille de Paris, éd. H. Géraud, p. 143: sert de l'eaue); comp. de sert, forme verbale de servir*, de de2 * et de eau*.