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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SCRIPTURAIRE

adjectif
A. —RELIG. Qui est relatif, qui appartient à l'Écriture sainte. Pas plus que la philosophie chrétienne n'est le tout de la philosophie médiévale, pas davantage l'influence scripturaire n'est-elle le tout de la philosophie chrétienne (Gilson, Espr. philos. médiév., 1931, p. 214). Cette controverse [entre Pharisiens et Sadducéens] sur la validité de la tora orale stimula le zèle de ses défenseurs pour l'étude du texte scripturaire (A. Cohen, Le Talmud, trad. par J. Marty Paris Payot, 1970, p. 23).
— [P. méton.]
• Prophète scripturaire. Prophète dont les paroles, mises par écrit, appartiennent au canon biblique. Amos est le premier en date des prophètes scripturaires (A. et R. Neher, Hist. biblique du Peuple d'Israël, Paris Adrien Maisonneuve t. 2, 1962, p. 454).
Remarque : On dit aussi prophète écrivain. Voir Encyclop. univ. t. 13 1972, p. 645.
• Prophétisme scripturaire. Ensemble des oracles des prophètes scripturaires. [Au VIIIe s. av. J.-C., le prophétisme] devient révolutionnaire, radical, violent. (...) [Il] ne se satisfait plus de la Parole: les prophètes (...) permettent que leurs paroles soient mises par écrit et publiées. La littérature hébraïque s'enrichit alors d'une œuvre tout à fait originale, tenant à la fois de l'enseignement, de la poésie et de l'éloquence: le prophétisme scripturaire (A. et R. Neher, Hist. biblique du Peuple d'Israël, Paris Adrien Maisonneuve t. 2, 1962, p. 453).
— Empl. subst. masc. plur. Caraïtes. V. rabbinisme ex. 2.
B. — Qui concerne l'écriture ou l'expression écrite. Synon. rare de scriptural (v. ce mot A). Système scripturaire. Les audaces scripturaires de nos mallarméens ne sont pas nouvelles (Benda, Fr. byz., 1945, p. 47).
Prononciation et orthographe
[skʀiptyʀε:ʀ]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1. 1701 subst. (Mém. de Trévoux, sept.-oct., p. 72);
2. 1860 adj. « qui se rapporte à l'Ecriture sainte » (Poitevin, Nouv. dict. universel de la lang. fr., Paris, t. 2);
3. 1872 « qui se rapporte à l'écriture » (Halévy, Journ. offic., 20 août, p. 5608, 2e col. ds Littré Add. 1872). Dér. sav. du lat. scriptura « écriture »; le b. lat. connaissait scripturarius adj. « qui rapporte un droit de pâturage », subst. « percepteur des droits de pâturage », dér. de scriptura pris au sens de « impôt sur les pâturages ».