Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Saloper

verbe transitif
* Mot issu de l'entrée SALOPE
a)Fam.
α) Faire très mal un travail, exécuter quelque chose sans soin. Synon. bousiller, cochonner. Saloper l'ouvrage. Ils étaient jeunes encore, ils avaient du temps devant eux; puis, ils n'aimaient pas le travail salopé, ils voulaient travailler à leur aise, sans se maigrir de soucis (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 654).
β) Salir, endommager quelque chose. En quelques jours elle a salopé le Tolstoï, recollé la couverture avec du papier gommé. Elle doit être sans soin (Montherl., Démon bien, 1937, p. 1252).
b)Vx, arg. (des artistes peintres). À ce concours, les élèves ne s'étaient pas contentés, selon l'habitude ordinaire, de saloper, c'est-à-dire de faire des trous dans la cloison pour regarder l'esquisse du voisin (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 66).
— [salɔpe], (il) salope [-lɔp]. Att. ds Ac. 1935. — 1res attest. a) 1841 « mal faire un travail » (Mérimée, Corresp. gén., 3, p. 11 ds Quem. DDL t. 28), 1873 travail salopé (Zola, loc. cit.), b) 1904 saloper un vêtement (Nouv. Lar. ill.); de salope, dés. -er. Déjà att. en 1808, comme verbe intrans., au sens de « fréquenter des prostituées; se plonger dans la dissolution, dans le vice le plus bas et le plus crapuleux » (Hautel).