INGÉNIER (S')
verbe pronominal1. — Il n'y a pas de mais; ça doit finir. Qu'est-ce qu'il te manque pour faire fortune comme les autres? voyons! tu as des pieds, tu as des mains, tu es savant, tu as fait des livres. Il ne te reste plus qu'à t'ingénier, mon garçon, qu'à te pousser de l'avant. (, J. Paturot, 1842, p. 24)
• P. métaph. Le pollen, pour pénétrer dans l'ovule, s'ingénie comme s'il savait les lois du vide (, Dialog. philos., 1876, p. 27).
— S'ingénier à, de (vx), pour + inf. Faire appel à toutes les ressources de son esprit pour parvenir à faire quelque chose. Synon. s'évertuer. Elle ne sait que s'ingénier pour se rendre malheureuse (, Corresp., 1867, p. 281). Chaque beauté, chaque chose réussie, l'homme s'ingénie à la gâcher, même quand elle est sa création (, Démon bien, 1937, p. 1238) :
2. — Oui, monsieur, à moi, qui me suis ingénié de lui envoyer un exprès pour lui faire savoir que vous aviez une grande surprise à lui faire, mais que rien n'était prêt... (, Beaux MM. Bois-Doré , t. 1, 1857, p. 279)
Remarque : Après une constr. prép. on peut rencontrer au lieu de l'inf. un subst. Le cinquième jour, il défait sa hutte et s'ingénie pour une maison plus savante (Gide, Paludes, 1895, p. 92).
Prononciation et orthographe
[ε̃ʒenje], (il s') ingénie [ε̃ʒeni]. Att. ds Ac. dep. 1762.
Étymologie et histoire
1404 (Christine de Pisan, Livre des fais, II, 2, éd. S. Solente, t. 1, p. 114 : autres [...] se ingenierent à speculer les ars de plusieurs sciences). Dér. sav. du lat. ingenium « intelligence, talent, génie ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 284. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 68, b) 458; xxe s. : a) 699, b) 480.