Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SÉDITION

substantif féminin
Soulèvement concerté contre l'autorité établie. Synon. agitation, discorde, émeute, insurrection, mutinerie, pronunciamento, putsch, rébellion, résistance, révolte. Sédition militaire, populaire, révolutionnaire; affreuse, déplorable, sanglante sédition; acte de sédition; flambeau, vent de la sédition; apaiser, calmer, écraser, étouffer, exciter, fomenter, réprimer une sédition. Le mot de liberté passe presque pour un cri de sédition; on persécute, on calomnie ses plus zélés défenseurs (Robesp., Discours, Guerre t. 8, 1792, p. 91). À peine promulguée, la première ordonnance, qui abolissait la liberté de la presse, instrument de désordre et de sédition, souleva une tempête de protestations (Coston, A.B.C. journ., 1952, p. 16).
— P. anal. Sédition corporelle. Agitation, trouble du corps, lorsqu'il est saisi par une émotion. L'émotion joint sans distance le choc de la pensée et la sédition corporelle dans cette continuité vitale de l'âme et du corps (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 256).
Prononciation et orthographe
[sedisjɔ̃]. Ac. 1694, 1718: sedition ; dep. 1740: sé-.
Étymologie et histoire
[1209 Bl.-W.3-5]; 1213 sedicion ne noise (Fet des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 730, ligne 4). Empr. au lat. class. seditio « id. », comp. de sed- marquant la séparation et de -itio, action d'aller, formé sur le supin itum de ire « aller ».
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 137.
Bibliographie
Dub. Pol. 1962, p. 417. — Quem. DDL t. 11. — Vardar Soc. pol. 1973 [1970] p. 306.