Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Réveilleur, -euse,

substantif
* Mot issu de l'entrée RÉVEILLER
a)Subst. masc.
α) Autrefois, garde de nuit qui criait les heures dans certaines villes. (Dict. xixe et xxe s.).
β) Religieux qui était chargé de réveiller les autres religieux pour les offices de nuit. (Dict. xixe et xxe s.).
b) Celui, celle qui réveille, a la charge de réveiller quelqu'un. Les rouleurs de Calais (...) embauchaient un nombre (...) d'hommes « à la semaine » et se répartissaient en équipes de jour et de nuit. On reconnaissait leurs maisons dans le Minck, au fil d'appel tiré de la rue par le réveilleur (Hamp, Champagne, 1909, p. 192). Au fig. ou p. métaph. Le dernier mot de l'émission [sur Pascal à la Radio] a été prononcé par Béguin qui a appelé Pascal un grand réveilleur (Green, Journal, 1954, p. 312). Empl. adj. Dans un creux sauvage et muet (...) Loin des bruits réveilleurs d'échos, Un fouillis de coquelicots Songe et frissonne (Rollinat, Névroses, 1883, p. 231). Le chant se transforma en fanfare de guerre, joyeuse, ardente (...) sous laquelle se traînent les sons prolongés, les accents étouffés de la première mélodie réveilleuse de pensées (Barrès, Mystère, 1923, p. 86).
— [ʀevεjœ:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1res attest. a) Subst. α) 1540 masc. « celui qui excite » (La Grise, tr. Guevara, I, 17 ds Hug.), β) 1542 « celui qui réveille » fig. resveilleur des esprits endormys (Héroet, Parfaicte amye, l. III, p. 62, ibid.), γ) 1584 (G. Bouchet, 1re Seree [I, 46], ibid.: le crieur des trespassez, qu'on appelle le resveilleur [...] le resveilla par son cri), 1704 « (dans un monastère) religieux qui éveille les autres » (Trév.), 1854-60 fém. « personne du quartier du Temple qui éveille les commerçants » (Privat d'Anglemont ds Lar. 19e), 1882 masc. « id. » (Grison, Paris, p. 116), b) adj. 1923 (Barrès, loc. cit.); de réveiller, suff. -eur2 *.