RÉSILIER
verbe transitifA. —DR. CIVIL, COMM., DR. DU TRAV. Mettre fin à un contrat, une convention soit d'un commun accord, soit, pour le contrat successif, par la volonté d'une seule des parties, en usant d'une clause qui prévoyait cette rupture. Résilier un contrat (de travail), un engagement, un marché, un traité, une vente; être résilié d'office, de plein droit. Depuis un an, il avait dû résilier ses fonctions à l'université: sa santé de plus en plus précaire ne lui permettait plus de professer (, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 555). Empl. abs. Le rôle ne lui semblait pas digne de Rose, (...). Mais, comme le mari criait toujours, il offrit brusquement de résilier, parlant des offres faites à la chanteuse par les Folies-dramatiques (, Nana, 1880, p. 1343).
B. —P. anal., littér. Abandonner, renoncer à quelque chose. Ma mère et moi nous demandions comment elle avait pu résilier ainsi sa liberté sous un toit hostile (, Bonne Dame, 1891, p. 36).
Prononciation et orthographe
[ʀezilje], (il) résilie [-li]. Ac. 1694, 1718: re- ; dep. 1740: ré-.
Étymologie et histoire
1501 resiler (Négociations diplomatiques entre la France et l'Autriche, t. 1, p. 47); 1675 se résilier d'un contrat « se dédire d'un contrat » (Savary, Le Parfait négociant, t. 2, p. 303); 1641 résilier « annuler un acte » (Nouv. Rec. de doc. pour servir à l'hist. de Montreuil-sur-Mer, éd. G. de Lhomel, p. 286). Empr. au lat. resilire, propr. « sauter en arrière, rebondir, rejaillir, se retirer », qui a pris, à basse époque, dans la lang. jur. le sens de « renoncer, se dédire ». Resilire a été rendu régulièrement par résilir (xvie s. ds Gdf. et Hug. ; seule forme donnée par Ac. 1694), devenu résilier par changement de conjug.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 27.
Dérivés