Logo Portail
Définition du dictionnaire le Littré (1873-1874, 1878)

RONGÉ, ÉE

(ron-jé, jée) participe passé
1.Entamé avec les dents ou le bec.
« Mais, quoique incessamment rongé, Il [le foie de Titye] ne sera jamais mangé » (Scarr., Virg. VI)
« ....La foule innombrable De tant d'écrivains divers, Chez Coignard rongés des vers » (Boileau, Épigr. XXVIII)
« Vous pourrez voir.... vos écrits.... Parer, demi-rongés, les rebords du pont Neuf » (Id., Sat. IX)
« Les mets demi-rongés, et son odeur impure [de la harpie] » (Delille, Én. III)
Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie dont les bords présentent des découpures inégales, qu'on dirait faites avec les dents.
2.Par extension, en proie à quelque maladie qui consume.
« Presque aveugle et rongé de vapeurs et d'ennui » (Marmontel, Mém. VII)
3.Fig. En proie à quelque sentiment fâcheux qui consume.
« Il est moins flatté de laisser tant d'hommes derrière lui, que rongé d'en avoir encore qui le précèdent » (Mass., Pet. carême. Malh. des gr.)
« [Un envieux] Rongé par sa propre malice, Il a nos beautés pour supplice, Et nos fautes pour aliment » (La Motte, Odes, t. I, p. 270, dans POUGENS)