RONGÉ, ÉE
(ron-jé, jée) participe passé1.Entamé avec les dents ou le bec.
« Mais, quoique incessamment rongé, Il [le foie de Titye] ne sera jamais mangé » (, Virg. VI)
« ....La foule innombrable De tant d'écrivains divers, Chez Coignard rongés des vers » (, Épigr. XXVIII)
« Vous pourrez voir.... vos écrits.... Parer, demi-rongés, les rebords du pont Neuf » (, Sat. IX)
« Les mets demi-rongés, et son odeur impure [de la harpie] » (, Én. III)
Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie dont les bords présentent des découpures inégales, qu'on dirait faites avec les dents.
2.Par extension, en proie à quelque maladie qui consume.
« Presque aveugle et rongé de vapeurs et d'ennui » (, Mém. VII)
3.Fig. En proie à quelque sentiment fâcheux qui consume.
« Il est moins flatté de laisser tant d'hommes derrière lui, que rongé d'en avoir encore qui le précèdent » (, Pet. carême. Malh. des gr.)
« [Un envieux] Rongé par sa propre malice, Il a nos beautés pour supplice, Et nos fautes pour aliment » (, Odes, t. I, p. 270, dans POUGENS)