RONCHONNER
verbe intransitif— Empl. trans. indir.Ronchonner à, après/contre qqn/qqc. Monsieur de Lautréamont, de fort méchante humeur, en homme à moitié endormi, lui ronchonnait qu'elle était folle (, Contes chandelle, 1897, p. 83). En entrant nous avons réveillé Vassili. Ce sacré bonhomme a roupillé pendant toute l'alerte. Il se dresse, s'étire, bâille. Il ronchonne contre Kossiakoff qui lui conte l'aventure (, Solit. pitié, 1932, p. 87).
Remarques
Ronchonnant, -ante
participe présent en emploi adjectivalPrononciation et orthographe
[ʀɔ̃ʃɔne], (il) ronchonne [-ʃɔn]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1866 (Delvau, p. 344: Ronchonner. Être grognon, maussade; bougonner); d'où
a) 1894 ronchonnant part. prés. adj. « qui ronchonne » (D'Esparbès, Yeux clairs, p. 37);
b) 1920 id. « propre à quelqu'un qui ronchonne » voix ronchonnante (Proust, loc. cit.). Mot prob. venu de la région lyonn. où le verbe roncher « ronfler », qui représente le lat. roncare « id. » d'où l'a. fr. ronchier, ca 1223 (Gauthier de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Koenig, II Mir. 30, 848), est entouré de nombreux dér.: dauph. ronchuná, rũtsiñá (FEW t. 10, p. 466b), lyonn. rouchonno (ibid. et Du Puitsp.), avec le sens de « gronder, pleurnicher ». La forte valeur onomat. du mot a certainement été pour beaucoup dans son admission en fr. pop.
a) 1894 ronchonnant part. prés. adj. « qui ronchonne » (D'Esparbès, Yeux clairs, p. 37);
b) 1920 id. « propre à quelqu'un qui ronchonne » voix ronchonnante (Proust, loc. cit.). Mot prob. venu de la région lyonn. où le verbe roncher « ronfler », qui représente le lat. roncare « id. » d'où l'a. fr. ronchier, ca 1223 (Gauthier de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Koenig, II Mir. 30, 848), est entouré de nombreux dér.: dauph. ronchuná, rũtsiñá (FEW t. 10, p. 466b), lyonn. rouchonno (ibid. et Du Puitsp.), avec le sens de « gronder, pleurnicher ». La forte valeur onomat. du mot a certainement été pour beaucoup dans son admission en fr. pop.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 44.
Dérivés
1.pop.,fam. (Personne) qui a pour habitude de ronchonner. Synon. bougon, grognon, ronchonneur. Un vieux ronchon. Zut... M... N... de D... Ça me rend tout ronchon, D'faire quand j'croyais tout fait, 'cor un' blag' pour Ponchon (, Corresp., t. 3, 1889, p. 73). — [ʀɔ̃ʃɔ̃]. — 1re attest. 1878 (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 299); déverbal de ronchonner*.
Ronchon
adjectif et substantif2.pop.,fam. Action de ronchonner; paroles, murmures proféré(e)s par quelqu'un qui ronchonne. Ronchonnement de mauvaise humeur. De temps à autre, par sursaut, il revenait un peu à la vie (...) Ça lui venait en ronchonnements ... des insultes dans le fond de son assiette, toutes rauques... toutes sourdes...: « Nom de Dieu! Nom de Dieu de merde!... » (, Mort à crédit, 1936, p. 565). — [ʀɔ̃ʃɔnmɑ̃]. — 1re attest. 1880 le ronchonnement d'un gosse (Huysmans, Croquis Parisiens, p. 58 ds Cressot, p. 217); de ronchonner, suff. -ment1 *.