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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ROCOU

substantif masculin
« Colorant naturel, pigment végétal caroténoïde extrait du rocouyer » (Luq.-Boud. Lait. 1981). La préparation de certains produits alimentaires demande l'emploi de certains colorants naturels ou artificiels (orseille, orcanette, campêche, nerpruns, rocou (...)) (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 110). V. palma-christi ex.
Remarques

Raucourt

substantif masculin
var. Il est trop clair, votre raucourt, murmura-t-elle (...). Les marchandes croient garder religieusement le secret de cette teinture, qui provient simplement de la graine du rocouyer; il est vrai qu'elles en fabriquent avec des carottes et des fleurs de soucis (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 826).
Prononciation et orthographe
[ʀɔku]. Ac. dep. 1762: rocou, roucou (id. ds Lar. Lang. fr.); Littré : rocou, roucou, rocourt, raucourt, rancourt ; Rob. : rocou, raucourt.
Étymologie et histoire
1614 roucou, ouroucou (Claude d'Abbeville, Hist. de la Miss. des PP. Capucins à l'Isle de Maragnan, f ° 257a ds König, p. 177); 1615 rocou (Yves d'Evreux, Suite de l'hist. des choses plus mémor. advenues en Marignan es années 1613 et 1614, p. 212, ibid.). Empr. au tupi-guarani urucú, rucú, rocú (v. König, p. 178 et Fried., p. 546a-b). On note également vsub [lire vruc] en 1558 (Thevet, Singularitez de la France antarctique, fol. 56b ds König, p. 177).
Dérivés
1.

Ro(u)couer, (Rocouer, Roucouer)

verbe transitif
Colorer ou teindre avec du rocou. (Dict. xixe et xxe s.). — [ʀɔkwe], (il) rocoue [-ku]. Ac. 1798, 1835: roucouer (id. ds Littré); 1878: ro-, rou- (id. ds Lar. Lang. fr.). Rob. : ro-. — 1re attest. 1640 (P. Bouton, Relation de l'establissement des François depuis l'an 1635 en l'isle de la Martinique, p. 39-40 ds Arv., p. 433); de rocou, dés. -er.
2.

Ro(u)couyer, (Rocouyer, Roucouyer)

substantif masculin
bot. Grand arbrisseau des terres chaudes (Inde et Amérique équatoriale) connu pour les propriétés tinctoriales de l'enveloppe de sa graine. Les marchandes croient garder religieusement le secret de cette teinture, qui provient simplement de la graine du rocouyer (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 826). — [ʀɔkuje]. Ac. 1798, 1835: roucouyer ; dep. 1878: ro-, rou- (id. ds Lar. Lang. fr.). Littré : rocouier, rocouyer ; Rob. : ro-. — 1res attest. 1645 rocchouier (G. Coppier, Hist. et voyage des Indes occidentales, p. 52 ds König, p. 178, note 3), 1722 roucouyer (J.-B. Labat, Nouv. voyages aux Isles de l'Amérique, t. 1, p. 97 ds Fried., p. 546), 1834 rocouyer (Boiste, Hist. nat.); de rocou « id. » (1658, Rochefort, Hist. nat. et mor. des Iles Antilles de l'Amérique, p. 74 f. ds König, p. 177), même mot que rocou, suff. -(i)er*.
Bibliographie
— Quem. DDL t. 5, 10, 18 (s.v. rocouyer).