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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

RHÉO-

élément formant
Élém. tiré du gr. ῥέον « (chose) qui coule », de ῥέω « je coule », entrant dans la constr. de mots sav. appartenant pour la plupart au vocab. de la phys. (électr., mécan. des fluides) et de la biol. ; le 2e élém. est gén. issu du gr.
A. —[Rhéo- signifie « courant (électrique) »]
1.[Le 2e élém. est un élém. formant issu du gr.] V. rhéostat, rhéostatique (dér. s.v. rhéostat) et aussi:

rhéographe1

substantif masculin
: électr. « Appareil servant à enregistrer graphiquement les variations d'intensité d'un courant électrique » (Dew. Mes. 1973). On connaît les remarquables solutions particulières (...) apportées au problème de l'oscillographie par l'oscillographe Blondel et le rhéographe Abraham (J. Phys. et Radium, 1920, p. 147).

Rhéographie

substantif féminin
: , dér., électr., physiol. « Enregistrement graphique du courant électrique » (Kamen. 1972). Rhéographie sur papier conducteur (Encyclop. Sc. Techn., t. 91973, p. 539). En partic.,méd. « Enregistrement des modifications rythmiques de la conductibilité électrique d'un segment du corps humain traversé par des courants de haute fréquence, en rapport avec les variations de la masse sanguine de cette région. Parfois utilisée dans les états démentiels, les troubles psychiques liés à l'artériosclérose cérébrale » (March. 1970). La rhéographie mesure les variations d'impédance. Celles-ci sont vraisemblablement en rapport avec les modifications du volume sanguin (Méd., , t. 2 1979, p. 621 [Encyclop. de la Pléiade]).

Rhéographique

adjectif
: , dér., phys. Calcul rhéographique. « Méthode de calcul analogique qui étudie la répartition de potentiels et de courants dans un milieu continu » (Électron. 1963-64). Synon. calcul par analogie rhéoélectrique (v. infra A 2). Cuve rhéographique. « Bassin empli d'un électrolyte, qui permet de résoudre l'équation de Laplace, c'est-à-dire de déterminer expérimentalement la distribution de potentiels d'un système de conducteurs qui y est immergé » (GDEL). La cuve rhéographique (...) fut appliquée à des problèmes de champs magnétiques et électrostatiques en 1905 par Smoot (Hist. gén. sc., , t. 3, vol. 2 1964, p. 285).

rhéomètre1

substantif masculin
: électr.Synon. vieilli de galvanomètre (d'apr. Mots rares 1965). Voir Ser, Phys. industr., 1890, p. 293.

rhéotome

substantif masculin
: , physiol. Interrupteur automatique d'un courant électrique à rythme réglable qui, utilisé dans l'étude de l'influence de la durée de passage d'un courant sur l'excitation d'un muscle à contraction rapide, permet de réaliser des passages de courant de l'ordre du dix-millième de seconde (d'apr. Lar. Méd. t. 3 1972, Méd. Biol. t. 3 1972).
2.[Le 2e élém. est un adj. fr.] :

rhéoélectrique

adjectif
: , électr. Le principe des méthodes de calcul par analogie rhéoélectrique est fondé sur l'identité des équations aux dérivées partielles qui régissent, d'une part, la distribution du potentiel électrique dans un conducteur et, d'autre part, le phénomène étudié (Encyclop. Sc. Techn., t. 91973, p. 538).
3.[Le 2e élém. est un subst. fr.] :

rhéobase

substantif féminin
: , physiol. « Intensité minimale d'un courant excitant de longue durée qui permet d'atteindre le seuil d'excitation, c'est-à-dire d'obtenir la réponse minimale du tissu excité: nerf, muscle, etc. » (Méd. Biol. t. 3 1972). Synon. seuil* galvanique. Le physiologiste français L. Lapicque a proposé de définir un temps minimum caractéristique de l'excitabilité (...). Par convention, on choisit le temps minimum correspondant à un courant d'intensité double de la rhéobase. Ce temps minimum est la chronaxie (Camefort Gama, Sc. nat., 1960, p. 226).

rhéocardiographie

substantif féminin
: , méd. « Enregistrement des modifications volumétriques du cœur et des gros vaisseaux, au moyen de la diagraphie [enregistrement des variations de résistance ou d'opacité correspondant aux changements de volume d'un organe traversé par un courant électrique ou par des rayons X (d'apr. Méd. Biol. t. 1 1970)] » (Méd. Flamm. 1975).

rhéoencéphalographie

substantif féminin
: , méd. « Technique de mesure du débit sanguin cérébral fondée sur l'enregistrement des variations d'impédance entre deux électrodes placées sur le scalp, ce paramètre variant avec le pouls » (GDEL).

rhéo-pneumographie

substantif féminin
: , méd. « Méthode de mesure des variations du volume pulmonaire utilisant des courants de haute fréquence. Il existe une relation entre les modifications de l'impédance (...) et les variations du volume pulmonaire » (Méd. Biol. Suppl. 1982).
Remarque : Rhéocardiographie, rhéoencéphalographie, rhéopneumographie semblent effectivement comp. de rhéo- + cardio/encéphalo/pneumographie sur le modèle de électrocardiographie, phonocardiographie, pneumogastrographie, etc.; ils peuvent également être considérés comme des dér. de rhéographie (v. supra A 1) par introd. d'un élém. intermédiaire désignant l'organe concerné par cette technique d'examen.
B. —[Rhéo- signifie « écoulement (de la matière) »; les mots constr. appartiennent au vocab. de la mécan. des fluides et de ses applications technol.]:

rhéogramme

substantif masculin
: , mécan. des fluides. « Relation de fonction entre la tension de cisaillement et le gradient de vitesse, représentée graphiquement dans un système de coordonnées rectangulaires » (Normes fr., n ° 60 001 ds Clé Mots). Substances qui obéissent à la loi de Newton, c'est-à-dire pour lesquelles la viscosité est une grandeur indépendante de la tension de cisaillement et du temps de cisaillement. Le rhéogramme est une droite passant par l'origine. Substances plastiques idéales (...) Le rhéogramme est une droite qui ne passe plus par l'origine mais qui coupe l'axe des abscisses en un point R. La valeur OR est la mesure du seuil d'écoulement (Normes fr. n ° 60 001, ds Clé Mots).

rhéographe2

substantif masculin
: bât. « Appareil destiné à mesurer les propriétés rhéologiques du béton » (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Rhéographe. Le principe de l'appareil réalisé par M. Bombled au CERILH consiste à mesurer la résistance au cisaillement à l'aide de sondes dynamométriques dont les diamètres varient de 1 à 12 mm (Le Moniteur des trav. publ. et du bât., janv. 1974, n ° 1 p. 60 ds Clé Mots).

rhéologie

substantif féminin
: , phys., bât. Science, étude des phénomènes qui conditionnent l'écoulement et la déformation de la matière (plasticité, viscosité, élasticité) (d'apr. Adr.-Legr. 1981). La rhéologie est l'étude de l'écoulement des corps naturels. En fait, elle a un sens plus large et comprend aussi l'étude de la déformation de la matière, même lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'un écoulement continu (Encyclop. Sc. Techn., t. 91973, p. 539).

Rhéologique

adjectif
: , dér. Qui se rapporte à la rhéologie (v. supra rhéographe). Propriétés rhéologiques de l'encre. Comportement rhéologique du sang. La viscosité sanguine dépend de l'hématocrite: lorsque le volume relatif occupé par les hématies augmente, la viscosité croît rapidement (Encyclop. Sc. Techn., t. 61971, p. 590).

rhéomètre

substantif masculin
: Appareil qui met en mouvement un cylindre tournant dans le liquide à mesurer, à une vitesse sélectionnée constante et mesurant le couple de freinage, proportionnel à la viscosité du liquide (d'apr. Mesures, juin 1974, n ° 6, p. 76 ds Clé Mots).

rhéopexie

substantif féminin
: , phys. « Propriété d'une substance qui se solidifie quand on l'agite et revient à son état initial après cessation de l'effort, en un temps plus ou moins long » (Normes fr., n ° 60 001, ibid.). Certains gels, comme les suspensions aqueuses d'argile (...) peuvent se transformer en sols par agitation; en les laissant au repos, les sols redeviennent gels: le phénomène est appelé thixotropie (c'est la propriété bien connue des sables mouvants). La rhéopexie se rapporte au processus contraire, par lequel la gélification se produit plus rapidement si on agite mécaniquement le sol ou si on le soumet à l'action d'ultra-sons de haute fréquence (Encyclop. Sc. Techn., t. 61971, p. 260).

Rhéopexique

rhéopectique

adjectif
: , dér. Relatif à la rhéopexie. On propose d'appeler « rhéopectiques » les sols où une telle coagulation est possible (J. Phys. et Radium Chim. phys., 1936, p. 70). Étude des phénomènes rhéopexiques (gélification) dans l'industrie alimentaire (épaississants), l'industrie des cosmétiques, l'industrie pharmaceutique, l'imprimerie, etc. (Le Marché de l'innovation, 1976, n ° 20 p. 13 ds Clé Mots).
C. —
1.[Rhéo- signifie « (substance) qui coule, liquide »]
a)[Le mot constr. est un adj.] :

rhéocrène

(-crène, du gr. κρήνη « source »). adjectif
: Source rhéocrène. Source qui apparaît au flanc d'une pente (d'apr. Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Voir B. Dussart, Limnologie, 1966, p. 247 ds Clé Mots.
b)[Le mot constr. est un subst.] :

rhéomètre2

substantif masculin
: « Instrument qui permet des prélèvements ou des injections de liquide en quantités réglables et constantes, constitué essentiellement par une seringue dans laquelle la course du piston (et partant la capacité) peut être réglée avec précision au moyen d'une vis micrométrique » (Méd. Biol. t. 3 1972). Rhéomètre de Vernes, pour distribuer rapidement les liquides réactifs des réactions de déviation (Catal. instrum. lab. (Jouan), 1933, p. 115).
2.En partic.[Rhéo- signifie « eau courante, courant »; les mots constr. appartiennent pour la plupart au vocab. de la biol.]
a)[Les mots constr. sont des adj.] :

rhéophile

adjectif
: Qui recherche, qui est adapté aux eaux courantes. Les Poissons rhéophiles (amis du courant) ont une forme effilée avec une extrémité antérieure mousse (exemple la Truite) (Zool., , t. 1 1963, p. 171 [Encyclop. de la Pléiade]).

rhéophobe

adjectif
: « Qui fuit les eaux à courant rapide » (Méd. Biol. t. 3 1972).
b)[Les mots constr. sont des subst.]
— [Le 2e élém. est un élém. formant issu du gr.] :

rhéobiontes

substantif masculin pluriel
: La faune est, en général, affectée par la force du courant. Celui-ci élimine les espèces impuissantes à le vaincre; en revanche, il est indispensable à d'autres, les rhéobiontes (Zool., , t. 1 1963, p. 171 [Encyclop. de la Pléiade]).

rhéotactisme

substantif masculin
: « Rhéotaxie manifestée par des cellules isolées et mobiles » (Méd. Biol. t. 3 1972). Placés dans un film d'eau glissant à faible vitesse, (...) [les plasmodes de Myxomycètes] réagissent en remontant le courant (rhéotactisme négatif) (Physiol., 1969, p. 712 [Encyclop. de la Pléiade]).

rhéotaxie

substantif féminin
: « Réaction de locomotion orientée et obligatoire d'organismes mobiles, déclenchée et entretenue par un courant d'eau et s'effectuant soit dans sa direction (rhéotaxie positive), soit dans la direction contraire (rhéotaxie négative) » (Méd. Biol. t. 3 1972). Les Amphioxus présente une rhéotaxie importante; dans un courant violent, ils nagent, contre lui, jusqu'à l'épuisement (Zool., , t. 3 1972, p. 540 [Encyclop. de la Pléiade]). V. Encyclop. Sc. Techn. t. 8 1972, p. 175.

rhéotropisme

substantif masculin
: « Réaction d'orientation d'un végétal ou d'un animal fixé s'effectuant soit dans la direction d'un courant d'eau (rhéotropisme positif), soit dans la direction opposée (rhéotropisme négatif) » (Méd. Biol. t. 3 1972). Les espèces d'eau douce [de la classe des Turbellariés] fréquentant les eaux tranquilles ne réagissent pas au courant (...). Les espèces des eaux courantes montrent généralement un rhéotropisme positif (...). Le rhéotropisme est parfois lié au cycle saisonnier; positif en hiver, il devient négatif après la période de ponte (Zool., , t. 1 1963, p. 556 [Encyclop. de la Pléiade]).
— [Le 2e élém. est un subst. fr.] :

rhéolaveur

substantif masculin
: , mines. Couloir de lavage gravimétrique utilisé dans quelques lavoirs à charbon (d'apr. GDEL). Voir E. Schneider, Charbon, 1945, p. 314.

rhéoplancton

substantif masculin
: , bot., zool. Le rhéoplancton [est inféodé] aux eaux courantes (B. Dussart, Limnologie, 1966, p. 365 ds Clé Mots).

rhéorécepteur

substantif masculin
: , biol. Les Turbellariés particulièrement bien dotés en récepteurs constituent un excellent matériel pour l'étude des divers tropismes (...). Les rhéorécepteurs sont répartis à peu près sur toute la surface du corps avec une prédominance sur la tête (Zool., , t. 1 1963, p. 556 [Encyclop. de la Pléiade]).
Prononciation
[ʀeo-], en syll. inaccentuée [-ɔ-].
Bibliographie
Dub. Dér. 1962, p. 36 (s.v. rhéotropisme), p. 42 (s.v. rhéologiste). — Quem. DDL t. 5 (s.v. rhéotactisme), 6 (s.v. rhéomètre).