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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Rameneur, -euse,

substantif
* Mot issu de l'entrée RAMENER
a)Rare, littér. Celui, celle qui ramène quelqu'un, qui le fait revenir à l'endroit qu'il avait temporairement quitté. À la fin de ces réunions toutes masculines, un rien d'élément féminin: les femmes venant chercher les maris; et aujourd'hui, les rameneuses d'époux sont Mme Daudet, de Bonnières, Charpentier (Goncourt, Journal, 1885, p. 505).
b)Subst. masc.
α)Pop. Homme presque chauve qui rabat ses cheveux vers les tempes et le front de manière à cacher une calvitie précoce. L'avez-vous seulement regardé, Chavarot? Il ramène... c'est un rameneur!... c'est un genou qui n'ose pas porter perruque, ou, si vous l'aimez mieux, un commerçant dégarni qui emprunte à son arrière-boutique quelques rossignols oubliés pour en parer sa devanture (Labiche, Ptes mains, 1859, III 6 p. 92).
β)Arg. « Individu d'aspect et de mise respectables, chargé de racoler des dupes pour un tripot » (France 1907). Un personnel de rameneurs qui, membres réguliers du cercle, gentlemen en apparence, ont pour mission de racoler ceux qui, bien nourris à la table d'hôte, seront, une heure après, dévorés à celle du baccara (H. Malot, ibid.).
c)Subst. fém., arg. « Prostituée qui racole sur la voie publique, qui ramène les clients chez elle » (France 1907). La Garenne [table d'hôte-tripot] qui doit son nom au grand sacrifice de lapins que font chaque soir les rameneuses pour y attirer leurs amis (Hogier-Grison, Monde où l'on triche , 1re série, 1886, p. 167).
— [ʀamnœ:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1res attest. a) ca 1350 « qui ramène » (Gilles Li Muisis, Poésies, I, 247 ds T.-L.), b) 1859 « celui qui, pour cacher sa calvitie, ramène ses cheveux sur le devant » (Labiche, loc. cit.), c) 1902 « fanfaron d'audace » (d'apr. Chautard Vie étrange Argot, p. 447), 1918 « homme toujours mécontent » (ds Esnault, Notes compl. Poilu); de ramener, suff. -eur2 *.