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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

RAFISTOLER

verbe transitif
Fam. Remettre en état, réparer grossièrement et avec des moyens de fortune. Synon. retaper. Rafistoler un meuble, des souliers. Rafistoler un vieux vêtement (Ac., 1935). Si quelque serrure allait mal, il [Goriot] l'avait bientôt démontée, rafistolée, huilée, limée, remontée, en disant: « Ça me connaît » (Balzac, Goriot, 1835, p. 22). [Deschartres] avait coupé des bras, amputé des doigts, remis des poignets, rafistolé des têtes fendues en ma présence et avec mon aide (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 331). Au tournant du chemin je vois une porte bâtarde qui tient encore debout. Je la connais bien, elle est toute rafistolée de pièces de bois et de morceaux découpés dans des plaques de zinc timbrées des grandes marques de produits photographiques (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 104).
— P. métaph. En effet, M. de Broglie rafistole l'Université de Napoléon, et raccommode le conseil d'État (Balzac, Œuvres div., t. 2, 1830, p. 67). Il n'était guère éloquent, passait son temps à rafistoler des sujets de conversation (j'ai la terrible habitude de les défoncer en trois répliques) (H. Bazin, Lève-toi, 1952, p. 144).
— Empl. pronom. réfl. indir. Se rafistoler une robe. P. anal. Elle se vêtit en vitesse (...) se rafistola le visage (Queneau, Zazie, 1959, p. 251).
Remarques

Rafistolable

adjectif
rare et fam. Que l'on peut rafistoler. Y en avait des monceaux, des piles [de rogatons]... Ceux qu'étaient pas rafistolables, les invendables, les pas montrables, les pires horreurs (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 61).
Prononciation et orthographe
[ʀafistɔle], (il) rafistole [-tɔl]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1649 (Mazarinades, Le Retour et restabl. des arts et mestiers ds DG). Dér. de af(f)istoler*; préf. re-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 56.
Dérivés
1.

Rafistolage

substantif masculin
fam.
a) Action de rafistoler. Lantibout, absorbé dans le rafistolage du poêle dont il tambourinait un coude à coups de sabot, interrompit son travail (Courteline, Train 8 h 47, 1888, 1re part. 7 p. 79). Mme Baudouin, Thérèse et les jeunes filles, tous autres soins suspendus, vivaient, acharnées à des rafistolages ingénieux, parmi les chiffons, les bobines, les dentelles, les rubans, les loques bariolées (Duhamel, Suzanne, 1941, p. 237).
b) Résultat de cette action; réparation grossière. Depuis seize ans, qu'on la sortait en toutes circonstances, à toutes les sauces, les tornades, elle [l'enveloppe du ballon] tenait plus que par les surjets, des rafistolages étranges (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 456).
— [ʀafistɔla:ʒ]. Att. ds Ac. 1935. — 1re attest. 1833 (L. de Comenin, Libelles politiques, t. 3, p. 177 ds Quem. DDL t. 15); de rafistoler, suff. -age*. — Fréq. abs. littér.: 12.
2.

Rafistoleur, -euse,

substantif
fam. Celui, celle qui rafistole. Cette population instable qui vit en marge du grand Paris, les rafistoleurs de faïence et de parapluies, les rempailleuses et les matelassières, les chineurs et les mendigots (Cendrars, Homme foudr., 1945, p. 193). — [ʀafistɔlœ:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1re attest. 1896 (Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg.); de rafistoler, suff. -eur2 *.
Bibliographie
— Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 240.