RABROUER
verbe transitif— [P. méton. du compl. d'obj.] À ces questions, certains, parmi nos conseillers ou qui voudraient l'être, ont déjà répondu. Ç'a été pour rabrouer nos espérances. Les plus indulgents ont dit: l'histoire est sans profit comme sans solidité (, Apol. pour hist., 1944, p. 111).
Prononciation et orthographe
[ʀabʀue], (il) rabroue [-bʀu]. Fér. Crit. t. 3 1788 « il rabrouera, rabrouerait: prononcez ra-broû-ra, ra-broû-rè, en 3 syllabes ». Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Fin xive s. (Eustache Deschamps, Dit des .IIII. offices, 249 ds Œuvres, éd. Queux de St Hilaire et G. Raynaud, VII, 183). Comp. du préf. ra-, v. re- et prob. du m. fr. brouer « gronder », proprement « écumer », av. 1488 (Sotie des sots « gardonnez » ou des trois coquins, 157 ds Le Recueil Trepperel, Les Sotties, éd. E. Droz, p. 104), cf. aussi le m. fr. et le fr. rebrouer « rabrouer », ca 1584 (Brantôme, Des Dames, 2e part. ds Œuvres compl., éd. L. Lalanne, t. IX, p. 487) — Pomey 1700, le pic. et le norm. rebrouer « id. » (FEW t. 15, 1, p. 292b); brouer est dér. de breu, v. brouet (Bl.-W.1-5).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 79.
Dérivés
1. Action de rabrouer. Virelain parlait sec d'un ton de rabrouement (, Solde, 1958, p. 53). — [ʀabʀumɑ̃]. — 1re attest. 1544 (Seyssel, tr. Appien, Guerre lib., ch. 5 ds Hug.); de rabrouer, suff. -ment1 *.
Rabrouement
substantif masculin2. Personne qui a l'habitude de traiter les autres avec rudesse et sans ménagements. Le connétable, grand rabroueur de personnes, étoit à Bordeaux (, Ét. ou Disc. hist., t. 4, 1831, p. 287). — [ʀabʀuœ:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1res attest. 1537 (Le Courtisan d'apr. Lar. Lang. fr.), 1573 rabroueur de petits enfans (Dupuys); de rabrouer, suff. -eur2 *.