RÊVASSER
verbe intransitifA. —Vieilli. Avoir des rêveries fréquentes et variées pendant un sommeil agité. Il ne se porte pas bien, il n'a fait que rêvasser toute la nuit (Ac.).
B. — Laisser la pensée, l'imagination se perdre en des rêveries vagues, changeantes et souvent chimériques. Synon. rêver (v. ce mot I B). Rêvasser tout à son aise, au coin du feu, sur un livre. Moi je rêvassais déjà comme une bête (...) j'étais partie en l'air, ma parole! Dans les nuages (, Germinal, 1885, p. 1517). [Alba] est allée se promener toute seule et rêvasser dans la campagne (, Cosmopolis, 1893, p. 472).
— Rêvasser de qqc., à qqn. Pour moi, je rêvasse de cette vieille littérature, je tâche d'empoigner tout ça (, Corresp., 1850, p. 186). Seul, au coin de mon feu (...) je rêvasse à la fille d'Hamilcar et aux paysages où vous vivez (, Corresp., 1858, p. 245).
— Rêvasser de + inf. Je rêvasse tour à tour d'aller habiter les plaines de l'Ouest, les dunes du Nord, les bois de pins du Midi (, Sodome, 1922, p. 723).
— Rare, empl. trans.[Avec compl. d'obj. interne] Je rêvasse une pièce passionnée où le fantastique soit au bout (, Corresp., 1862, p. 21).
Remarques
Rêvassant, -ante,
participe présent en emploi adjectivalPrononciation et orthographe
[ʀεvase], (il) rêvasse [-vas]. Ac. 1694, 1718: resvasser ; dep. 1740: rê-.
Étymologie et histoire
Fin xive s.-déb. xve s. ravacer « divaguer » (Quinze Joyes de mariage, éd. J. Rychner, XII, p. 90, 12); 1489 revasser « méditer » (Gaguin, Passetemps ds Anc. Poés. fr., éd. A. de Montaiglon, t. 7, p. 273); 1653 « être distrait » (Scarron, Virgile travesti, VII ds Littré); 1669 « avoir de fréquentes et diverses rêveries pendant un sommeil inquiet » (Widerhold Fr.-all.). Dér. de rêver*; suff. -asser*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 234. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 117, b) 514; xxe s.: a) 515, b) 306.
Bibliographie
Faïk (S.). Rêve dans la lang. litt. contemp. Gembloux, 1974.