RÉTAMER
verbe transitifA. — Étamer de nouveau. Le rétameur, après avoir énuméré les chaudrons, les casseroles, tout ce qu'il rétamait, entonnait le refrain: Tam, tam, tam, C'est moi qui rétame, Même le macadam, C'est moi qui mets des fonds partout, Qui bouche tous les trous, Trou, trou, trou (, Prisonn., 1922, p. 119).
B. —Populaire
1.
a) Abattre, anéantir physiquement ou moralement; en partic., rendre ivre, ivre mort. Personnellement j'ai horreur de la gentiane et cela nous acheva, tous deux. Moi aussi, je commençais à voir double. Alors, je fis servir à mon ami un « cintième » de noyau pour rétamer le gars et ce fut le coup de grâce! Je voulais partir (, Bourlinguer, 1948, p. 312).
— Arg. « Tuer » (Esn. 1966).
b)Empl. pronom. Se rétamer (la gueule, la bouche). Faire une chute. Il se rétama la gueule sur un bas de tuiles cassées (, Les Caramels à 1 franc, 1976, p. 74 ds Cellard-Rey 1980).
— Arg. « Se tuer » (Esn. Poilu 1919, p. 464).
2. Ruiner, dépouiller. Se faire rétamer au jeu (, Argot, 1977).
3. Rétamer un appareil (, Poilu, 1919, p. 464). « Briser un avion » (Esn. Poilu 1919, p. 464).
Prononciation et orthographe
[ʀetame], (il) rétame [-tam]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
A.
1. 1412, 6 déc. « étamer de nouveau » (Tutelle de Miquelet Tuscap, A. Tournai ds Gdf. Compl.) — 1555, Havard t. 4;
2. 1807 (Michel (J.-F.) Expr. vic., p. 69: on ne doit pas dire, cette marmite est detamée, il faut la faire rétamer. Ces mots sont sans synonymes. Il faut avoir recours à des périphrases); 1870 (Littré).
B.
1. 1888 part. passé rétamé « gravement malade » (C. Villatte, Parisismen, Berlin);
2. 1914 id. « ivre » (8le Territ. Nantais d'apr. Esnault, Notes compl. Poilu, [1919] 1957);
3.
a) 1919 « démolir » (Esn. Poilu, loc. cit.);
b) id. verbe pronom. « se tuer » (ibid.). Dér. de étamer*; préf. re-*.
1. 1412, 6 déc. « étamer de nouveau » (Tutelle de Miquelet Tuscap, A. Tournai ds Gdf. Compl.) — 1555, Havard t. 4;
2. 1807 (Michel (J.-F.) Expr. vic., p. 69: on ne doit pas dire, cette marmite est detamée, il faut la faire rétamer. Ces mots sont sans synonymes. Il faut avoir recours à des périphrases); 1870 (Littré).
B.
1. 1888 part. passé rétamé « gravement malade » (C. Villatte, Parisismen, Berlin);
2. 1914 id. « ivre » (8le Territ. Nantais d'apr. Esnault, Notes compl. Poilu, [1919] 1957);
3.
a) 1919 « démolir » (Esn. Poilu, loc. cit.);
b) id. verbe pronom. « se tuer » (ibid.). Dér. de étamer*; préf. re-*.
Dérivés
1. Action de rétamer. L'enlèvement de vieux tain ou de dépôt d'argent pour rétamage à neuf est compté 25 % des prix de l'étamage à l'argent (, Vérif. métré et prat. trav. bât., t. 6, 1930, p. 120). — [ʀetama:ʒ]. — 1re attest. 1870 (Littré); de rétamer, suff. -age*.
Rétamage
substantif masculin2. Ouvrier qui rétame. Les colporteurs d'Auvergne étaient attendus chaque hiver dans le Bassin Parisien (...); ceux du Piémont vendaient des articles analogues dans toute la plaine du Pô, associant souvent à ce petit commerce, comme les Auvergnats, une activité artisanale de rétameur, chaudronnier, vannier (, Hist. écon., 1966, p. 382). — [ʀetamœ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1878. — 1re attest. 1870 (Littré); de rétamer, suff. -eur2 *.
Rétameur
substantif masculinBibliographie
— Quem. DDL t. 23 (s.v. rétameur).