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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PÉTRISSEUR, -EUSE,

substantif
A. —Substantif
1. Celui, celle qui pétrit la pâte; en partic., ouvrier-boulanger. Les pourceaux noirs voguent par les rues, et autour du forno di campana, four des cloches, le four à cuire le pain, (...) des pétrisseuses de pâte (...) entassent les pains pour la fournée de la nuit (Lorrain, Heures Corse, 1905, p.87). Une nuit j'ai couché chez un boulanger. Le matin j'entendais le râle féroce et désolant des pétrisseurs (Alain-Fournier, Corresp., [avec Rivière], 1906, p.246).
2.P. anal. Celui, celle qui façonne une matière malléable. L'homme tout entier était empâté, englué, et ces cinquante soldats qui se suivaient à la file avec tant de peine, dans une crevasse de terre inégale et tortueuse, avaient l'air de lutter pour que le champ ne se refermât point sur eux. Des coudes, des pieds, des mains, des reins, de la tête, ils étaient comme des pétrisseurs de boue, enlisés puis se désenlisant, n'acceptant point d'être enterrés (Benjamin, Gaspard, 1915, p.136).
— P. métaph., empl. adj. Pour l'inconscient de l'homme pétrisseur, l'ébauche est l'embryon de l'oeuvre, l'argile est la mère du bronze (Bachelard, L'Eau et les rêves, 1942, p.19).
3.Au fig. Celui, celle qui façonne, influence d'autres personnes. Pétrisseur de cervelles. Ce pétrisseur des autres n'avait jamais été pétri par personne, malgré certaines influences qui avaient autrefois paru l'égarer (Bloy, Femme pauvre, 1897, p.129).
B. —Subst. masc.
1. Pétrin mécanique. (Dict. xixe et xxe s.).
2. Appareil de massage destiné à pétrir les tissus. (Dict. xxe s.).
C. —Subst. fém. Machine à pétrir une pâte quelconque (Dict. xxe s.).
Remarques

Pétrissoir

substantif masculin
synon. vieilli (supra C),rare. Il était là, au milieu de ses pétrissoirs, de ses roues de potier, de ses moules, de ses fours, de ses creusets, passionné comme Bernard Palissy (Th. Gautier, Portraits contemp., Paris Charpentier, 1874 [1857], p.277).
Prononciation et orthographe
[petʀisoe:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac; dep. 1835.
Étymologie et histoire
a) Subst. masc. 1260 pestriseur «celui qui pétrit» (E. Boileau, Métiers, éd. R. de Lespinasse et F. Bonnardot, 1re part. I, 44) ; fin xive s. pestrisseur (Aalma 9.272 ds Roques t. 2, p. 315) [le ms. B.N. lat. 7692 (mil. xive s.) porte petrour, le ms. de Conches (1388) pestrour, v. Roques t.1, p.432, 6.461]; 1538 petrisseur (Est.); 1830 technol. (M.-J. Girardin, Rapport sur le pétrisseur mécanique de MM Cavallier, Frère et compagnie in Quem. DDL t.12);
b) subst. fém. fin xive s. pestrissarresse «femme qui pétrit» (Aalma, 9.278 ds Roques t.2, p.315); 1472 poictriceresse (doc. poit., ibid.); 1487 paistrixerresse (Vocab. lat.-fr., Loys Garbin); 1906 technol. (Pt Lar.). Dér. de pétrir* ; suff. -(iss)eur2 *. Cf. 1378 mait prestoire «pétrin» (B. et H. Prost, Inventaires mobiliers et extrait des comptes des ducs de Bourgogne, t.2, 287), 4 oct. 1739 pétrissoire subst. fém. (Ch. de Brosses, Lettres d'Italie, éd. 1858, t.1, p.291), 1832 pétrissoir subst. masc. (Raymond).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 11.