PURGÉ, ÉE
(pur-jé, jée) participe passé1.Débarrassé de ce qui est grossier. Des métaux purgés par le feu.
Fig.
« Purgée, par ses désastres, des restes de l'idolâtrie, elle [Rome] ne subsiste plus que par le christianisme qu'elle annonce à tout l'univers » (, Hist. III, 1)
« Mon sentiment pour vous est purgé de ce vilain alliage » (, Lett. t. I, p. 51, dans POUGENS)
2.Il se dit du style, de la langue.
« Mme de Pompadour ayant désiré que le Venceslas de Rotrou fût purgé des grossièretés de mœurs et de langage qui déparaient cette tragédie » (, Mém. VI)
En un sens particulier, débarrassé, en parlant d'un livre, de ce qui est jugé condamnable.
« L'exemplaire de M. d'Argental [du Dépositaire] est, dit-on, purgé de toutes ces horreurs [attaques contre les dévots] » (, Lett. le Kain, 25 avr. 1770)
« Si cet homme a vu les livres, en Italie, purgés, c'est-à-dire biffés, raturés, mutilés par la cagoterie, il cessera de se plaindre de nos bibliothèques » (, Lettre III)
3.Qui a pris un purgatif.
« Le plus souvent, quand je reviens de la ville, je suis tout étonné que je les trouve [mes enfants, ma famille] saignés ou purgés par son ordre » (, Pourc. I, 7)
4.Pour quoi on a rempli les formalités nécessaires.
« Quelques décrets mal purgés m'ont fait résoudre à me mettre auprès de quelque honnête personne qui eût soin de moi » (, la Désol. des joueuses, sc. 3)