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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Provincialiser

verbe transitif
* Mot issu de l'entrée PROVINCIAL
a)Empl. trans. Faire (de quelqu'un) un habitant de la province. À la forme passive. Molière, Parisien si longtemps déraciné, provincialisé, quasi exilé pour les besoins de son métier (J. Lefranc, En marge, ds Le Temps, 2 août 1938).
b)Empl. pronom.
α)[Le suj. désigne une pers.] Devenir provincial, prendre certaines caractéristiques propres aux habitants de la province. Plus Flaubert avance en âge, plus il se provincialise (...). On se trouve en tête-à-tête avec un être (...) si peu doté d'une originalité! (Goncourt, Journal, 1873, p. 932).
β)[Le suj. désigne une langue] Se modifier de manière plutôt fâcheuse par l'adoption de provincialismes. La langue des grands écrivains de l'Angleterre s'est créolisée, provincialisée, barbarisée (...); on a été obligé de dresser des catalogues des expressions américaines (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 349).
— [pʀɔvε̃sjalize]. — 1res attest. a) 1848 réfl. (d'une langue) (Id., ibid.), b) 1873 id. (d'une personne) (Goncourt, loc. cit.); de provincial, suff. -iser*; cf. le dér. déprovincialiser « faire disparaître le caractère provincial (d'une personne) » (av. 1778, Voltaire ds R. Hist. litt. Fr. t. 28, 1921, p. 128).