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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Prieuse

substantif féminin
* Mot issu de l'entrée PRIER
rare.
a) Femme qui a pour fonction de prier.
α)[Relig. non chrét.] [Deux amants] se rendaient (...) au temple somptueux de Vénus Physizoé. Là, des prêtresses, dirigées par une prieuse mitrée, adressaient d'abord pour eux des oraisons aux dieux (Nerval, Voy. Orient, t.1, 1851, pp.87-88).
β)[Dans certaines communautés relig. chrét.]Synon. de béguine. Ces béguines ou prieuses, au bout de dix ans d'une vie commune, obtiennent ce qui est l'objet de leurs voeux (...), l'aparté dans l'habitation (Michelet, Chemins Europe, 1874, p.266).
b)Vx et région. (Ouest). Femme qui assure une permanence de prière auprès d'un défunt entre le décès et la sépulture. Ce fut un peu avant Pâques que le père Corbier mourut (...). Les prieuses arrivèrent dès huit heures (...). Arrivées à la maison elles se jetaient à genoux, sans une parole, autour de celle qui dirigeait la prière (E. Pérochon, Nêne, [1920], pp.120-121 ds R. Ling. rom. t.42 1978 p.116).
— [pʀijø:z]. — 1re attest. 1851 (Nerval, loc. cit.); de prier, suff. -euse, v. -eur2 *; cf. le m. fr. prieur «celui qui invite aux funérailles» 1426 (27 août, Tutelle de Annette, Miquelot et Loyset le Cat, Arch. Tournai ds Gdf.) [déjà en a. fr. prieur «celui qui prie» mil. xiiie s.-xve s., ibid.], et prieresse «celle qui vient prier, qui invite aux funérailles» 1390 (10 déc., Tut des enfants Garin Loterielle, Arch. Tournai ds Gdf. —1412, ibid. : priresse) [déjà en a. fr. 1er tiers xiiie s. preieresse «celle qui prie» (Joies Nostre Dame, Richel 19525, f° 94c ds Gdf.)].