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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PRÊCHI, PRÊCHA,

locution

PRÊCHI-PRÊCHA

substantif masculin
Familier
A. — Prêchi, prêcha, loc. [Pour parodier un mauvais sermon, un discours pontifiant] [Le professeur] essayait encore à dominer l'insurrection; mais la révolte était au comble. Cucquigny était monté dans la chaire et prononçait avec mille grimaces le fameux sermon macaronique: «Prêchi, prêcha, la queue du chat...» (Champfl., Souffr. profess. Delteil, 1853, p.231). Ces prétendus hommes charitables, qui font les confits, qui vont à la messe, qui donnent dans la prêtraille, prêchi, prêcha, dans les calotins, et qui se croient au-dessus de nous, et qui viennent nous humilier (Hugo, Misér. , t.1, 1862, p.894).
B. —Prêchi-prêcha, subst. masc.
1.
a)Par dérision. Sermon. Le moindre bon sens leur suffisait pour renvoyer l'évêque à ses goupillons et à ses prêchi-prêcha (H. Rochefort ds France, 1907).
b) Discours moralisateur, radotage, rabâchage, bla-bla. Le prêchi-prêcha officiel; faire du prêchi-prêcha. Les articles de fond où s'étalait le prêchi-prêcha collaborateur (Ambrière, Gdes vac., 1946, p.138). V. inconscience D 1 ex. de Proust et opposite II ex. de Cendrars:
. Et c'étaient des recommandations à n'en plus finir, d'adorables prêchi-prêcha sur le respect des propriétés, la politesse qu'on doit aux dames, un vrai code d'honneur militaire à l'usage des conquérants. (A. Daudet, Contes lundi, 1873, p.50)
2.Par dérision, rare. Prédicateur. Chamaille proclamait bien haut qu'il préférait celui-là [Bacchus] à ces autres, que tous ces sales moines de Luther et Calvin et les prêchi-prêcha débitent en sermons (Rolland, C. Breugnon, 1919, p.76).
Prononciation et orthographe
[pʀeʃipʀεʃa], [-pʀeʃa]. Littré : préchi-précha; Rob. : prêchi, prêcha ou préchi-prêcha ou prêchi-prêcha ; Lar. Lang. fr.: prêchi-prêcha. Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. Mots comp. 1981, p.295: préchiprêcha. Plur. inv. selon Lar. Lang. fr. mais Grev. 1980, § 560: « on trouve pourtant des prêchi-prêchas ».
Étymologie et histoire
1808 (Hautel : prêchi, précha. Mots baroques et satiriques, pour tourner en ridicule une personne qui met de l'affectation dans ses discours, qui sermone perpétuellement). Redoublement avec alternance vocalique de prêcher*.
Bibliographie
Pauli 1921, p.91.