POULPE
substantif masculinUne estampe de l'édition de Buffon par Sonnini représente un céphalopode étreignant une frégate. Denis Montfort pense qu'en effet le poulpe des hautes latitudes est de force à couler un navire. Bory Saint-Vincent le nie, mais constate que dans nos régions il attaque l'homme. (, Travaill. mer, 1866, p. 373)
• P. méton. Chair de cet animal. Poulpe frit; poulpe à la provençale. Les poulpes à la financière. Je ne parle que des petits poulpes, des poulpions, comme on dit sur le littoral. Sautés dans l'huile bouillante, avec adjonction d'herbes et d'épices, c'est paraît-il, un mets du meilleur goût. Plus de suçoirs, ni de ventouses (Gdes heures cuis. fr., Ch. Monselet 1888, p. 172).
— P. métaph. Devine ce qu'il y a dans le foyer de la comédie?... Il y a des poulpes! C'est terrible! Une fois accroché, c'est fini! Ils vous entraînent au fond de leur conversation (, Ch. Demailly, 1860, p. 3). Dans l'Europe centrale (...) il n'est point de personne bien née qui manque, chaque matin, à retirer de ses propres gouffres quelques énormités abyssales, quelques poulpes de forme obscène qu'elle s'admire d'avoir nourri (, Variété II, 1929, p. 225).
• Empl. adj. Le grand type un peu poulpe (, Loin Rueil, 1944, p. 129).
Prononciation et orthographe
[pulp]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1538 poupe « polype du nez » (Est.);
2. 1546 poulpre « mollusque » (Rabelais, Tiers Livre, éd. M. A. Screech, chap. XIII, 130); 1554 poulpe pourpe (Rondelet, Libri de piscibus marinis, p. 510). Empr. aux deux sens du lat. polypus (polype*), comme terme d'hist. nat. par l'intermédiaire du prov. pourpre/poupre.
2. 1546 poulpre « mollusque » (Rabelais, Tiers Livre, éd. M. A. Screech, chap. XIII, 130); 1554 poulpe pourpe (Rondelet, Libri de piscibus marinis, p. 510). Empr. aux deux sens du lat. polypus (polype*), comme terme d'hist. nat. par l'intermédiaire du prov. pourpre/poupre.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 82.